14 septembre 2010 - 3 réactions
La construction du parc éolien offshore breton est considérée comme une nécessité par l'État et le conseil régional. Les enjeux: la réduction du déficit de production électrique de la région, le développement d'une filière industrielle et de recherche sur les énergies marines, et la mise en musique du Grenelle de l'environnement. À ces enjeux, s'ajoute une contrainte, celle de préserver l'activité des marins-pêcheurs. Une préservation insuffisamment prise en compte, estimaient ces derniers, hier après-midi à l'issue de la conférence régionale Mer et Littoral.
Option médiane
Le préfet Cadot, soutenu par le président de la Région Le Drian, a choisi une position médiane. Sur les deux zones initialement préconisées par l'État comme techniquement idéales pour l'implantation d'éoliennes, il n'en a retenu qu'une, dite «Saint-Brieuc sud». Il y a ajouté la zone «Saint-Brieuc Nord», préconisée par les marins-pêcheurs, et le territoire marin intermédiaire entre ces deux secteurs. En revanche, la zone dite «Saint-Malo» ne figure pas dans la proposition du préfet pour l'appel d'offres de 2011 mais pourra, le cas échéant, faire l'objet d'un développement complémentaire pour l'appel d'offres suivant, si le premier n'est pas suffisamment fructueux.
La finance mène au Sud
Pour les marins-pêcheurs, il aurait fallu exclure les deux zones «Saint-Brieuc Sud» et «Saint-Malo», où opèrent plus de 250 bateaux de pêche, et limiter le projet aux deux secteurs plus au large (78 bateaux). Le problème, c'est que les eaux favorites des pêcheurs sont aussi les préférées des opérateurs, pour des questions de profondeur. Selon leurs représentants à la conférence Mer et Littoral, le surcoût d'une implantation en zone nord est de l'ordre de 15%. «Une éolienne au nord de la zone coûterait 3,4MEUR de plus qu'une éolienne au sud», chiffre le représentant de Poweo. Quant au produit de la pêche sur la zone «Saint-Brieuc Sud», il l'évalue à 32MEUR sur 23 ans (durée d'exploitation prévue d'une éolienne). Évidemment, la logique financière mène au sud, même au prix de l'indemnisation des pertes des marins. Et, si les 100 moulins géants de 5MW doivent tous subir cette rallonge, l'économie du projet n'est plus garantie. C'est la crainte exprimée par MichelCadot et Jean-Yves LeDrian: la proposition de site doit porter sur un secteur suffisamment propice, sous peine de n'attirer aucune réponse à l'appel d'offres.
«Vous allez au clash avec nous!»
Le choix «mixte» du préfet, assorti d'un cahier des charges aux contraintes dégressives à mesure que l'on monte du sud au nord, sera intégré à l'appel à projets que le ministère lancera d'ici une vingtaine de jours. Suscitera-t-il des réponses des opérateurs? Réponse avant le 30juin 2011. En revanche, on sait dès maintenant que les pêcheurs n'acceptent pas ce choix, et ils l'ont fait savoir, hier, lors de la conférence. «Vous allez au clash avec nous, c'est sûr et certain», a annoncé un représentant du comité des pêches briochin. «Il ne faut pas nous prendre pour des lapins de trois semaines, nous savons tous que l'opérateur installera ses éoliennes dans la partie sud», a réagi André Le Berre, président du comité régional des pêches.

25 mai 2012 à 14h35 - 7 réaction(s)
25 mai 2012
25 mai 2012