École privée. 47 suppressions de postes dans le primaire en Bretagne
45 postes supprimés dans le seul Finistère. Le premier degré de l'enseignement catholique paie un lourd tribut pour la rentrée 2012. En Bretagne, les fermetures sont au nombre de... 47.
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51,5 postes supprimés l'an dernier. 45 à la prochaine rentrée sur 47 dans les quatre départements bretons... «C'est le Finistère qui prend tout», a lancé Annie Collic, responsable pour le premier degré du SEP-CFDT. Avec quelque 80 de ses collègues, elle a manifesté, hier matin, à Quimper devant l'inspection d'académie alors que se tenait la réunion sur la carte scolaire. «Nos responsables estiment qu'on est surdoté par rapport à l'enseignement catholique en France et par rapport au public», explique-t-elle en évoquant la spécificité du département avec «beaucoup de petitsétablissements, un maillage important». Nouveauté: les départs à la retraite ne vont pas compenser les suppressions de postes. Conséquence pour le syndicat:«La direction ne va pas faire de proposition de postes dans le Finistère aux suppléants titularisables au bout de six ans de contrat. Ils vont être contraints de démissionner». Une mobilité hors département qui pourrait même concerner des professeurs des écoles titulaires, selon le SEP-CFDT.
«Baisse notable des moyens budgétaires...»
Seule analyse partagée entre le syndicat et la direction diocésaine: la perte de 330 élèves (sur 31.000) n'explique pas la coupe sombre. «Indépendamment de ce constat démographique, il n'empêche que le premier facteur est la baisse notable des moyens budgétaires alloués à l'enseignement en France», commente Patrick Lamour, directeur de l'enseignement catholique diocésain. «5.000 représentants s'étaient rassemblés le 5novembre dernier, à Rennes, pour manifester leur opposition à ces suppressions. Ces retraits auraient peut-être été plus importants si nous ne nous étions pas mobilisés».
Le germe de fermetures d'écoles
«Si le mouvement de réduction d'emploi se poursuit, il y aura un risque de fermetures d'écoles», prévient-il. «Elles auraient pu intervenir dès cette année. Nous avons privilégié une répartition des suppressions qui protège les écoles rurales de petite taille».
Patrick Lamour, directeur de l'enseignement catholique diocésain 29, réagit
"Ces suppressions sont la conséquence directe de la suppression de 14.000 emplois, tous réseaux confondus, à la prochaine rentrée. Ils se traduisent par 1.350 suppressions de postes dans l'enseignement catholique. Pour nous, en Finistère, ce sont 45 suppressions dans le 1er degré. Ce qui nous paraît un nombre extrêmement lourd. [...] La démographie est aujourd'hui très inégale en Bretagne. Un permis de construire sur deux se délivre dans un rayon de 60 km autour de Rennes. Une hausse de 360 élèves est annoncée en Ille et Vilaine pour la rentrée prochaine dans le 1er degré alors qu'en Finistère, on entrevoit une baisse de 330 élèves. La tendance est inversée. D'ailleurs, l'enseignement public Finistérien perd quant à lui 54 postes à la rentrée prochaine. Le Finistère est pénalisé. C'est très clair. Mais, indépendamment de ce constat démographique, il n'empêche que le premier facteur est la baisse notable des moyens budgétaires alloués à l'enseignement en France. Il y a, de fait, conjonction du fléchissement démographique et de la politique de suppressions de postes. Pourtant, il me semble que l'effort que fait une société pour l'éducation de sa jeunesse est un pari positif sur l'avenir. Il faut prendre garde à ne pas affaiblir nos capacités d'éducation. Notre souci, dans ce contexte, a été de ne fermer aucune école pour garder notre profonde immersion sociale, que nous soyons en zone urbaine ou rurale mais l'effort qui nous est demandé est extrêmement lourd. D'autant plus que l'an passé, 16.000 emplois avaient déjà été retirés, tous réseaux confondus. Ce qui s'était traduit par un retrait de 50 postes dans le 1er degré de l'enseignement catholique Finistérien. C'est pour cette raison que 5.000 représentants de l'enseignement catholique s'étaient rassemblés, notamment le 5 novembre dernier, pour manifester leur opposition à ces suppressions. D'ailleurs, ces retraits auraient peut-être été plus importants si nous ne nous étions pas mobilisés".
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