23 octobre 2009
10.000 exploitants et 22.000 salariés dans le Finistère. Le secteur agricole traverse une crise sans précédent. Hier, au conseil général, élus de gauche et de droite ont parlé d'une seule voix.
L'ombre de la crise agricole pèse sur l'économie finistérienne. Jusqu'à présent, le département ne s'en était pas trop mal tiré, justement soutenu par le poids de l'agroalimentaire, secteur moins impacté que l'automobile ou la construction. Mais l'horizon s'assombrit avec la crise qui affecte le monde agricole, la production laitière n'étant pas la seule à traverser de fortes turbulences.
Lait: 80MEUR de pertes
Hier au conseil général, des divergences se sont exprimées sur différents sujets, de la réforme des institutions à certaines modalités de financement de l'enseignement. Mais dès que la crise agricole a été abordée, les divergences se sont tues, à l'écoute des témoignages de deux élus issus du monde agricole, Yvon Le Bris (PS) et Jacques Gouerou (UMP). Tous deux ont parlé avec gravité de la situation et des détresses qu'elle provoque dans les campagnes, à la mesure de chiffres impressionnants. Si l'on en croit YvonLeBris, la perte dans le seul département du Finistère devrait être, cette année, de 80millions d'euros pour le lait et d'une bonne centaine pour la production porcine. L'annonce d'un plan national d'urgence, confirmé hier par FrançoisFillon, suffira-t-il à atténuer les effets de la crise?
Réguler les marchés
Dans la foulée de nombreuses interventions, le conseil général a adopté un voeu unanime, synthèse d'une concertation entre droite et gauche, demandant notamment de véritables mécanismes de régulation des marchés pour des prix «permettant de concilier la juste rémunération des producteurs et salariés de la filière agricole». Le voeu, destiné aux instances nationales et européennes, évoque aussi «un allégement des charges d'exploitation par un effort partagé de l'ensemble de la filière et de ses partenaires». Des élus ont également fortement insisté pour que soient clarifiées les modalités de certains mécanismes d'aide, tel le RSA qui n'est pour l'instant pas accessible aux non-salariés de l'agriculture.
Des entreprises à la peine
Le tableau économique du département est également assombri par la situation de certaines entreprises, évoquées par le président Pierre Maille dans son propos introductif: Jabil, Novatech, Cummins, Asteel, EADS, Papeterie de Mauduit, Nestlé-Purina, Entre- mont... Toutes ont dû adapter leurs effectifs, depuis un an, et la tendance n'est pas encore à la sortie de crise. Quant au secteur immobilier finistérien, il traduit quelques frémissements dans le neuf mais le marché reste atone dans l'ancien où le point bas n'est visiblement pas encore atteint.
