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Coquilliers. Surveillés par satellite !

30 septembre 2011 - 2 réactions

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Les soixante dragueurs de la prochaine campagne à la coquille en rade de Brest devront s'équiper d'un système de positionnement par satellite (AIS). Du jamais vu pour des bateaux de cette taille.

C'est une petite révolution dans le monde de la pêche, une décision exceptionnelle dictée par la présence d'équipements militaires, abîmés à plusieurs reprises. La croche la plus sérieuse de ce système de démagnétisation sous-marin qu'utilise la Marine à proximité de l'Ile-Longue avait engendré plus d'un million d'euros de travaux, ces deux dernières années. D'autres coups de drague avaient entraîné de nouvelles dépenses de remise en état, sans que le ou les coupables ne soient jamais identifiés. On en était arrivé, entre autorité militaire et comité local des pêches, à un niveau de crispation inégalé en rade de Brest. Alors, pour calmer le jeu et éviter la fermeture d'un des gisements majeurs de coquille, un accord a été trouvé au printemps dernier. Une première dans le landerneau de la pêchecôtière.

Utilisation détournée

Selon la réglementation en vigueur, seuls les navires de pêche de plus de 15m sont dans l'obligation de détenir à bord ce genre d'équipement de localisation. La règle sera différente pour les petites unités de la rade de Brest (toutes de moins de 11m) qui ne seront plus autorisées à pêcher la coquille sans un système de positionnement par satellite. L'AIS se trouve ainsi détourné de sa fonction principale: la sécurité. Cette fois, le procédé servira clairement à s'assurer que les coquilliers n'ont pas violé les zones interdites et n'ont pas travaillé en dehors des heures autorisées. Pas le choix, selon le comité local des pêches, l'autorité militaire ayant exigé que soient mises en oeuvre des mesures garantissant l'intégrité de leur coûteux matériel sous-marin! «Mais nous ne voulons pas payer pour ceux qui ont été pris la main dans le sac l'hiver dernier (six bateaux pris en flagrant délit)», réagissent les patrons les plus hostiles à la mesure. «C'est à eux d'assumer leurs conneries, pas à la profession dans son ensemble et encore moins au comité local des pêches qui nous représente tous, sans exception!». Pour corser le tout, l'équipement demandé est à la charge des pêcheurs (autour de 800euros) qui règlent déjà les 3.000 à 3.300EUR de licence pour travailler la coquille. «Si l'on veut nous fliquer en permanence, qu'on ait au moins l'élégance de nous offrir le matériel», commente, le sourire en coin, le patron d'un bateau du troisième bassin à Brest. Les marins pêcheurs concernés reprochent le caractère abrupt de la décision. «Aucune réunion sur le sujet. Aucune concertation». «La mesure a été discutée à plusieurs reprises en commission constituée de membres représentatifs de la profession», se défend le secrétaire général du comité local Jean-Pierre Carval. Pour faire passer la pilule, le comité a même négocié un prix d'achat du matériel auprès d'une société brestoise(SEN). «Nous garantissons par ailleurs à ceux qui en font la demande une prise en charge de50% de la facture», appuie-t-il.

Pas d'AIS pas de coquille!

Concrètement, à partir du 26octobre, pas de coquille sans AIS. Les navires inscrits devront impérativement brancher leur système et seront surveillés en direct par les autorités maritimes et un salarié du comité local des pêches. Mais l'arrêté officialisant cette nouvelle règle sera-t-il publié à temps? Quoi qu'il en soit, le comité local a décidé de ne pas reconduire le garde juré financé par la profession et chargé de la surveillance du plan d'eau, en plus des autorités maritimes.

Limites du système

Ce procédé de surveillance pourrait-il s'étendre jusqu'à la baie de Saint-Brieuc par exemple? Certains y voient un allégement possible des dispositifs de surveillance en mer et dans les airs et pourquoi pas des économies substantielles en la matière. Mais sur le plan légal, cette surveillance «high-tech» ne permettra pas d'établir l'action de pêche dans la zone incriminée. On pourra, au mieux, constater un passage en zone interdite, sans pouvoir le rattacher à des dégâts éventuels.

  • Stéphane Jézéquel
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2 réactions

  • rola...
    AIS
    le système AIS, système d'identification automatique, n'est pas un système par satellite, c'est un système qui utilise 2 canaux VHF dans son fonctionnement et tout un chacun qu'il soit pêcheur ou plaisancier peut disposer de ce système, soit un simple récepteur, soit un recepteur et un émetteur qu'il faut alors déclarer. Il serait bien d'ailleur que tous les bateaux de pêche en soit équiper, et pas seulement les plus de 15 m. Pour des raisons de sécurité mais pourquoi pas aussi pour des raisons de flicage. Après tout quand on a rien à se repprocher on n'a rien à craindre.
    Ajouté le 30 septembre 2011 à 09h39
  • clau...
    en effet
    pour les petites unités près des côtes ou l'on dispose du réseau sémaphore (réception vhf limitée à 12 nautiques) il y a possibilité d'utiliser ce système car les bateaux équipés peuvent être identifiés. Pour les grosses unités la seule possibilité (déjà en place) est le système de surveillance par satellite, avec une surveillance au CROSSA Etel. Pour moi il est nécessaire que tout le monde soit équipé de l'un des 2 systèmes afin d'assurer la sécurité et également la préservation des ressources.
    Ajouté le 30 septembre 2011 à 11h09

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