17 octobre 2009
«Tu bises?». Avec ces histoires de grippe A, on en entend de bonnes, ces temps-ci, dans les entreprises. Et pour cause. Certains de celles et ceux qui, hier encore, embrassaient leurs collègues comme du bon pain, sont aujourd'hui nettement plus réticents. «Euh non, j'bise plus...». Ce qui génère dans les couloirs des scènes faites d'hésitations, d'interrogations, de renoncement et de bisus interruptus. Autant d'épisodes néfastes au taux de rentabilité de nos entreprises. Alors il faut s'or-ga-ni-ser! Le plus simple, ce serait de distribuer des badges aux salariés. Verts pour ceux qui pratiquent encore la bise, rouges pour les abstinents. Ce serait plus simple pour tout le monde. Et, bien sûr, facultatif sur certains lieux de travail, comme les ateliers de l'arsenal de Brest où le bécot du matin n'est pas la préoccupation première en arrivant au turbin. À défaut de contacts physiques, il faut privilégier la gestuelle pour se saluer au travail. C'est très conseillé, et notamment la méthode japonaise, réputée la meilleure du monde en hygiène sociale. Mais attention: ne poussez pas la tendance japonisante jusqu'à lancer en arrivant au boulot: «Bonjour, honorable directeur. Que cette journée ait pour vous le parfum du jasmin et que les bienfaits de la conjoncture soient comme des perles de rosée dans le jardin de votre comptabilité analytique». Non, il ne faut pas en faire trop. Sinon, vous risquez de voir fleurir dans votre dos la nouvelle gestuelle de vos collègues, faite de majeurs pointés vers le haut ou de bras droit plié en deux sur lequel la main gauche vient s'abattre dans un bruit sec et explicite. Ce serait la démonstration d'un léger désaccord avec votre façon de gérer les rapports hiérarchiques sous couvert de grippeA. Et puis, bien sûr, il faut se laver les mains. Abondamment. Une note très détaillée du conseil général du Finistère précise, à ce propos, qu'il faut les laver pendant 30 secondes, ce qui correspondant, indique la note, «à deux fois Joyeux anniversaire». Donc si vous entendez quelqu'un, devant un lavabo, chanter Joyeux anniversaire, n'attendez ni les bougies, ni le gâteau. C'est juste pour le chronométrage. On présume qu'en cas de pandémie, il faudra augmenter le temps de lavage et chanter deux fois intégralement Tata Yoyo. Avec tout cela, on ne sait pas si on arrivera à empêcher la grippe A de nous tomber dessus. Mais une chose est sûre: si on respecte scrupuleusement ces conseils tous les jours, on devrait, logiquement, avoir moins de gastros cet hiver!
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