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Finistère

C'est quand 2010 ?

2 mai 2009

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Ils étaient impressionnants, les défilés du 1ermai, avec une ambiance hélas plombée par la crise. L'an prochain, on espère qu'ils seront plus festifs puisque nos dirigeants comme nos institutions internationales le promettent: la reprise, c'est pour 2010. Promis, juré! Plus que quelques mois à tenir et on est bons. Mais puisque mai est aussi le mois des souhaits, on se permet d'en faire un petit: l'idéal, ce serait quand même que la reprise arrive quelques petites heures avant 2010. Disons le 31décembre, vers 18-19h, juste avant le Réveillon. Ça, ce serait chic! Vous imaginez avec quelle frénésie on irait faire la fête. Les cotillons, les confettis, les langues de belles-mères... La crise! Et toute la nuit, plutôt que la lambada, on danserait la déesseka, version FMI, un tango argenté qui se danse collé-serré. Et puis naturellement, sur le coup de minuit, au lieu de se souhaiter platement une «Bonne année», comme d'habitude, on se claquerait deux bises en se souhaitant «Bonne reprise... Bonne reprise...», avant d'ajouter, comme de juste «Je te la souhaite longue et vigoureuse». Le 1erjanvier, c'est sûr, on serait plus dans la crise hépatique que dans la reprise économique, avec les neurones au chômage technique. Rien de grave, c'est normal ce jour-là, sauf pour ceux qui auront décidé d'aller à Sein ou à Ouessant voir le jour se lever sur une aube vraiment nouvelle. Et le lendemain, pour la reprise, c'est avec entrain qu'on partirait au turbin en faisant la bise à tout le monde, y compris à nos banquiers. Enfin, quand on parle de banquiers, on pense surtout à ces employés placés en ce moment aux guichets d'entrée, comme des soldats de l'an 9 sur le front bancaire. Pour la plupart, ce sont bien sûr des femmes, selon un principe vieux comme le monde: les hommes font des conneries, les femmes les réparent. À quelques exceptions près. Et nos vaillantes guichetières, elles en entendent, en ces temps difficiles. Elles banquent pour Madoff, pour les subprimes, les stock-options, les parachutes dorés, les bonus, les malus et les malotrus. Certains jours, ce ne sont plus des halls de banque, c'est le Chemin des Dames! Courage, plus que quelques mois! Alors c'est promis, quand on aura bien fêté le Réveillon de la reprise, on ira leur claquer deux bises en priorité. Et puis tiens, on ajoutera même un petit bouquet puisqu'au mois de mai, on a quand même bien le droit de rêver...

  • René Perez
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