13 août 2008
Hier, le tribunal correctionnel de Brest a rejeté l'opposition formée par Luca Scarascia, routard italien de 34 ans, condamné à deux ans de prison pour non-assistance à personne en danger.
Venu libre à l'audience, un juge d'instruction de Royan n'ayant pas jugé utile de le contraindre, Luca Scarascia est reparti menotté, encadré par trois policiers. Direction la maison d'arrêt où il devrait passer les 24 prochains mois. Un nouvel épisode dans le feuilleton judiciaire consécutif à la mort horrible d'André Morvan, paisible retraité de 56 ans, battu à mort et jeté dans le port de Brest, il y a tout juste quatre ans, le 13 août 2004.
Mis en cause par d'autres jeunes impliqués dans ce meurtre, le routard italien avait jusqu'à présent échappé à toute sanction. Libéré après quelques heures de garde à vue, il était ensuite réapparu au premier procès d'assises, comme simple témoin. En juin dernier, au second procès, il brillait par son absence. Entre-temps, une nouvelle instruction lui avait mis sur le dos une prévention de « non-assistance à personne en danger » qui allait lui valoir deux ans de prison ferme, par défaut, le 20 mai.
« Je n'ai pas reçu la convocation », affirme l'homme, qui naviguait à l'époque entre un squat de Libourne et le logement de sa nouvelle copine, à Saintes, et se présente comme travailleur saisonnier. « J'ai arrêté l'alcool et toutes les saloperies », soutient celui qui affiche toujours le look punk et que certains ont présenté comme le plus virulent des agresseurs d'André Morvan.
Luca Scarascia, retrouvé il y a quelques jours lors d'un simple contrôle, réaffirme qu'il n'a pas participé à l'agression. Mieux, qu'il n'a rien vu. À l'en croire, il était occupé à « faire un câlin » à son amie d'alors, au moment du drame, ce qu'a toutefois, récemment, démenti cette dernière.
La voiture prioritaire
« Je n'ai pas assisté à l'arrivée de M. Morvan. En revenant d'avec ma copine, je l'ai vu à terre, le visage tuméfié. J'ai paniqué ». Une panique qui l'amènera à éviter soigneusement de prévenir les secours (« D'ailleurs, je n'ai pas de téléphone », soutient-il), mais pas de penser à sa propre sécurité. « Il aura ainsi suffisamment de présence d'esprit pour aller cacher la voiture où il a stocké des produits qu'il sait illégaux », fustige le procureur Mariaux. Adepte de l'héroïne et des alcools forts, le routard avait, en outre, fait des provisions d'ecstasy pour ses copains de rencontre, « parce que c'était mon anniversaire ». Et s'il n'a rien dit du comportement des autres, c'est parce que « je ne suis pas une balance ».
Son avocate a bien tenté une ultime passe d'armes en le décrivant comme un homme désormais presque rangé (« Si sa dangerosité était avérée, on ne l'aurait certainement pas laissé en liberté depuis 2004 »), mais le tribunal a finalement confirmé la première condamnation.
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