14 novembre 2009
Provocateur, visiblement en grande souffrance psychologique, le jeune braqueur du chauffeur de taxi quimpérois a été condamné hier à six ans de prison ferme.
«J'étais chez moi. J'avais rien à faire. Je me suis dit que j'allais braquer un taxi», expliquait Franck Meyer, 20 ans, aux policiers qui l'avaient interpellé en début de semaine. Hier, lors de sa comparution immédiate, il semblait tout aussi étranger à sa défense, commençant par rabrouer son avocat qui n'avait pas correctement prononcé son nom.
«Il a cru qu'il allait se prendre une balle»
Sur le banc des parties civiles, sa victime contenait à grand-peine son émotion. Dimanche soir, ce chauffeur de taxi arrivait dans le quartier de Kerivoal lorsque le client qu'il venait chercher a surgi de derrière un local technique de la Qub. L'homme s'est engouffré dans l'habitacle du véhicule, a balbutié quelques mots qu'il n'a pas compris. Puis l'artisan taxi a cru apercevoir une arme de poing dans son rétroviseur. Ensuite, le cauchemar a commencé. Le braqueur est ressorti, s'est présenté armé à sa portière avant gauche: «Donne l'argent ou je te tue!». Il lui a remis sa sacoche, qui contenait 200EUR. Mais l'homme a insisté, réclamant un portefeuille qu'il n'avait pas. «Il a cru qu'il allait se prendre une balle», raconte son avocat. Franck Meyer consent à lâcher quelques mots: «Plusieurs fois, je lui ai crié dessus pour qu'il dégage. J'ai fait usage de mon arme pour qu'il bouge». Terrorisé, le chauffeur entend finalement une déflagration retentir, accompagnée d'une flamme orange-rouge sur le côté. «Je suis parti précipitamment. J'avais perdu tous mes moyens», raconte-t-il. L'un de ses collègues le retrouvera peu après. «Il était paniqué. J'ai éteint son moteur. Puis je l'ai pris en charge».
«Merci bien!»
Le récit n'a pas semblé concerner Franck Meyer. «C'est un écorché vif. Il attend d'en prendre plein la tronche», déplore son avocat, MeBuisine, qui plaide pour que Franck Meyer puisse trouver «un étayage, une insertion. À 20 ans, on est encore modelable». Sans projet, ni formation, ce jeune homme désocialisé, qui a quitté l'école dès la quatrième, n'a jamais travaillé, hormis pour s'acquitter d'un travail d'intérêt général, prononcé lors d'un précédent délit, qui lui vaut d'être en récidive. L'arme? Un pistolet automatique à grenaille qu'il a acheté 194EUR dans une armurerie grâce à une petite allocation. «Tout ça parce qu'il a des difficultés dans la vie?», le tance la magistrate du parquet, qui requiert quatre ans de prison, dont un avec sursis et mise à l'épreuve. Le tribunal est allé bien au-delà , condamnant Franck Meyer à six ans de prison ferme. «Merci bien!», a-t-il crié alors que l'escorte l'emmenait.
