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Bateaux de pêche. Bientôt des pointeuses à bord ?

7 février 2012 - 1 réactions

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Va-t-il falloir installer des pointeuses à bord des bateaux de pêche partant pour 24heures de mer ou plus? La question peut se poser alors que sont étudiées les modalités d'application d'un décret européen sur le temps de repos des pêcheurs.

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Quelle est la durée minimale du temps de repos d'un pêcheur? La question est clairement posée pour ceuxnaviguant plus de 24 heures. Les hauturiers sont concernés. Tout comme les thoniers. Pas seulement. Certains bateaux naviguant à la côtière vont devoir s'adapter. L'affaire n'est pas simple. Dans l'absolu, les textes prévoient une période consécutive de six heures de repos.

«C'est une réglementation totalement irréaliste pour ce qui concerne le chalut», assure Sylvie Roux, de la CFDT marins. Cette tentative d'application d'une réglementation terrestre à des activités de pêche s'annonce ardue. «C'est un décret de 2005, il va falloir l'appliquer», rappelle pourtant Mélanie Prat, secrétaire générale du Syndicat national des chefs d'entreprise à la pêche maritime. Et sans traîner. Dans les six mois, une solution va devoir s'imposer.

Des dérogations
«Les dix heures de repos par période de 24heures, c'est déjà mis en place. Il y a un vrai temps de repos pour les équipages», assure Mélanie Prat. «On n'est pas des esclavagistes». La question des six heures de repos consécutives est plus problématique. Voire même impossible à mettre en place dans le cas du chalut.

L'engin de pêche, à l'eau de manière quasi permanente, est régulièrement relevé par les marins. Toutes les trois heures. «S'il devait rester six heures ou plus, le poisson serait abîmé», note Mélanie Prat. Un avis que partage Sylvie Roux pour qui cette réglementation est même «en contradiction majeure avec les impératifs économiques et sociaux». Avec un risque réel de pénaliser les armements et par ricochets les salariés.

«Cela aurait des impacts sur la rémunération des marins». Quelles réponses apporter alors à la Direction des gens de mer? «On va trouver une solution», assure Sylvie Roux. Mais pas question de faire n'importe quoi. L'idée sur laquelle tout le monde travaille, sur laquelle s'est également penchée la commission sociale du feu comité des pêches du Guilvinec, consiste à couper la poire en deux, deux fois trois heures. «La réglementation autorise des dérogations», explique Mélanie Prat. Profitant de ce droit à déroger, c'est vraisemblablement la voie dans laquelle les acteurs vont s'engager.

Qui pour contrôler?
Reste que cette nouvelle organisation du temps de repos induit, de facto, un système de contrôle. «On est parti sur l'idée d'une grille sur laquelle les marins porteraient leurs temps de repos», explique Sylvie Roux. Un registre du temps de repos qui, selon Mélanie Prat, pose la question de la définition même de la notion de «temps de repos». «On sait ce qu'est l'astreinte d'activité de pêche.

Dans l'absolu, tout le reste, c'est du temps de repos», poursuit-elle. L'autre interrogation qui pèse, c'est l'application de ce contrôle. «Comment on le fait, sous la responsabilité de qui, qui contrôle?», interroge Sylvie Roux. Et si, finalement, la pointeuse était ce qu'il y avait de plus pratique à mettre en place?

  • Stéphane Guihéneuf
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1 réaction

  • diogène 29
    "Un rêve"
    Dix heures de repos par jour ! C'est bon pour les bateaux gris (marine nationale), pour les autres c'est fonction de la pêche, de l'état de la mer, du personnel embarqué, des avaries et il n'est pas rare de faire des "journées" de quarante huit heures, voire plus, tant il est vrai que c'est le "poisson qui commande", au détriment de la santé, tant physique que mentale des marins pêcheurs. Si l'administration des affaires maritimes avait la curiosité de faire des statistiques sur les phénomènes d'addiction aux produits pharmaceutique ou autres dopants ou revigorant et les publier, celà ferait un scandale de "santé publique" de plus. Mais il est vrai qu'elle est pour le moins timorée, la "dérogation", faisant souvent force de loi dans le mileu maritime, comme dans bien d'autre d'ailleurs. Tant que le prix du poisson ne tiendra pas réellement compte du cout HORAIRE de la main d'oeuvre, que le salaire restera totalement, ou partiellement à la part rien ne changera. Faut il s'en réjouir, quand la compétition avec d'autres pays, aux conditions sociales encore plus déplorables ne permet pas au pêcheurs de faire autrement que de s'aligner....sur le moins disant et que cette même Europe n'hésite pas à dénoncer les miettes de subventions que les états membre accordent pour passer les crises conjoncturelles tout en préconisant la concurrence à outrance.
    Ajouté le 7 février 2012 à 11h42

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