27 janvier 2011
Hier en fin de matinée, LogannLassay a visiblement eu du mal à faire face au réquisitoire de l'avocat général. Transporté à l'hôpital pour être examiné, il a été reconduit quelques minutes plus tard au palais de justice. À l'énoncé du verdict, le jeune homme âgé de 24 ans, reconnu coupable des deux viols dont il était accusé, a, cette fois, réagi par un violent coup de pied dans une porte.
Probable appel
À la clôture des débats, il avait pourtant pris la parole pour exprimer ses regrets, s'adressant à la victime du seul viol reconnu:«J'aurai ça sur ma conscience toute la vie». Des regrets qui ne semblent pas avoir suffi pour convaincre la cour d'assises. Elle a suivi les réquisitions d'Éric Tuffery, le condamnant à 13 années de réclusion criminelle. Une peine complétée d'une inscription au fichier des délinquants sexuels et d'un suivi sociojudiciaire de 8ans avec obligation de soins, de travailler et d'indemniser ses victimes. Faute de quoi il s'exposerait à une peine supplémentaire de cinq ans de prison. LogannLassay envisageait, hier, de faire appel.
«Coïncidences et apparences»
Un verdict accueilli avec soulagement sur le banc des parties civiles. Et notamment par la victime du premier viol, commis le3mars 2008, près de la gare de Quimper. Comme les témoins des faits, elle n'avait pas été en mesure d'identifier formellement son violeur. Les prélèvements ADN n'avaient pas davantage parlé. Avant de se rétracter, l'accusé avait pourtant avoué en être l'auteur, lors de sa garde à vue. Plaidant l'acquittement pour ce premier viol, Me David Pavec a, hier, mis en garde la cour:«C'est comme ça que se créent régulièrement des erreurs judiciaires». Revenant point par point sur les arguments de l'avocat général, il a soutenu, hier matin, qu'il serait «bien léger de venir condamner sur la seule base de coïncidences, d'apparences». Pour son défenseur, l'accusé «n'est d'ailleurs pas la tête froide sans coeur qu'on vous a présentée». La cour d'assises en a décidé autrement, semble-t-il, davantage convaincue par le réquisitoire de l'avocat général.
Risque de récidive
À la reprise de l'audience, hier matin, Éric Tuffery n'a pas balayé le passé de l'accusé, victime de violences tout au long de son enfance. L'avocat général a pourtant mis l'accent sur sa dangerosité sexuelle. Une dangerosité développée, la veille, par l'expert psychologue. «Malgré l'amélioration de sa situation depuis un certain nombre de mois, les vieux démons ont repris le dessus». Évoquant notamment les agressions sexuelles commises sous contrôle judiciaire, au printemps 2009. Au total, Logann Lassay aurait commis sept infractions sexuelles en l'espace de quinze mois - dont deux viols - synonymes d'un risque de récidive aux yeux du ministère public. Ce, malgré les propos tenus tout au long du procès : à plusieurs reprises, LogannLassay a indiqué «travailler» avec un psychiatre pour ne pas recommencer. Ce travail, il devra le poursuivre en détention.

25 mai 2012 à 14h35 - 7 réaction(s)
25 mai 2012
25 mai 2012