21 octobre 2008
Les violences sur son ancienne concubine sont reconnues, mais pas deux viols qu'elle aurait subis en septembre 2006. Depuis hier, la cour d'assises du Finistère juge, à huit clos partiel, Faissal Bennini, un Brestois âgé de 35 ans.« Nous sommes très compliqués aux yeux des gens ». Corinne (*) a écrit ces mots dans une lettre d'amour adressée à Faissal, alors en prison, moins de trois semaines après les faits qui les réunissent à nouveau aux assises du Finistère. Toutes les parties de ce procès en conviennent : cette phrase résume parfaitement la relation existant dans le couple. Quelques jours après s'être rencontrés, en 2004, ils vivaient ensemble. « Elle était amoureuse. Pas moi », expose l'accusé. Tous les deux aiment le sexe à forte dose. D'ailleurs, lui a très vite des relations intimes à l'extérieur du couple, avec des voisines, des amies. Au lit, il ne déteste pas partager...
« Tout se passait bien jusqu'à ce qu'il aille en prison. Il en est revenu sombre, renfermé », raconte son ancienne compagne, aujourd'hui sur le banc des victimes. Lui reconnaît qu'il « se contrôle mal » et est parfois violent.
Officiellement, tout dérape à la mi-juin 2006. À la suite d'un accident du travail, un médecin remarque d'autres d'hématomes sur le corps de Corinne. Elle relate une scène de violence, en présence de son jeune fils. Son ancien compagnon nie. « Elle ment. Il n'était pas là et je lui ai juste donné une claque ». Les cheveux tirés, le coup de pied dans le ventre ? « Elle invente ! Ils ont forcé le gamin à dire ça. Son papa ne m'aime pas », se défend l'accusé. Le couple se sépare, « mais il était oppressant ; on a eu une relation sexuelle ».
La jalousie gagne
Dans la nuit du 8 au 9 septembre, alors qu'une nuit à quatre se prépare, la jalousie de Faissal prend le dessus. « Je me suis rendu compte que j'étais amoureux d'elle ». Il quitte l'appartement de l'amie qui les recevait.
Peu après, dans des circonstances qu'ils relatent différemment, tous les deux se retrouvent. Elle lui réaffirme la fin de leur relation. Ils ont un rapport à proximité d'un stade de football. Faissal maintient qu'elle était consentante. Elle, qu'elle a été forcée, après avoir été violemment frappée. Les coups, qui lui vaudront 15 jours d'arrêt, l'accusé les admet. « Après, j'ai voulu repartir chez ma nouvelle copine. Elle m'a frappé, elle m'a griffé. Je lui ai tiré les cheveux », raconte celui qui met ce déferlement de violences sur le compte d'une consommation excessive d'alcool. Le calvaire de la jeune femme ne se serait pas limité à cela. Malgré ses blessures, elle aurait eu une seconde relation « non consentie », selon elle, dans l'appartement de l'amie.
Mais pourquoi, une fois qu'elle a déposé plainte, la jeune femme a t-elle voulu la retirer ? Pourquoi avoir écrit 17 missives enflammées à son ancien amour en prison ? « Par peur de représailles contre mes enfants, ma mère. J'ai été harcelée. On me laisse tranquille depuis que j'ai écrit sous la dictée » d'un des nombreux amis de Fiassal. « Elle invente », clame ce dernier.
Ces accusations, déjà formulées, se sont soldées précédemment par un non-lieu. À la barre, elle en lance d'autres. « Il me tapait tout le temps, bien avant juin 2006 ». « Pourquoi n'avez-vous pas porté plainte plus tôt ? », questionne la présidente Angel. « Pour moi, des claques, c'est pas de la violence. C'est quelque chose de banal ». Puis, se tournant vers l'accusé. « Mais là, tu as été trop loin ! ».
* Prénom modifié.