25 janvier 2011
«Je ne voulais pas venir, pensant tourner la page. Samedi, l'actualité m'a fait changer d'avis». Hier, la jeune femme a tenté d'oublier, un instant, ses angoisses. Le 3mars 2008, alors âgée de20ans, elle se rend à l'arrière de la gare de Quimper. Elle y a stationné son véhicule. Il est un peu plus de 18h lorsqu'elle est agressée par un jeune homme. Traînée par les cheveux, elle est précipitée dans les fourrés. Il la contraint à une fellation. Un viol stoppé une dizaine de minutes plus tard, à l'approche d'une passante. De l'auteur des faits, la jeune femme ne donnera qu'une vague description et quelques éléments vestimentaires. Surprise par-derrière, «je n'ai jamais croisé son regard».
«Je l'ai trouvée très belle»
L'enquête des policiers conduira à l'interpellation de trois hommes. Dont celle d'un jeune Concarnois âgé alors de 22 ans. Déjà connu des services de police, l'accusé avait été identifié sur un enregistrement de la vidéosurveillance de la gare, quelques minutes après les faits. Il avait été laissé en liberté, faute de preuve matérielle. Faute également d'avoir pu être reconnu par la victime. Elle avait identifié un marginal, avant de se rétracter. Le 30avril, dans des circonstances analogues, une jeune fille âgée de 19 ans est violée dans le centre-ville de Quimper. Son agresseur l'a suivie dans son appartement. Dans sa fuite, il croise l'ex petite amie d'un ami qui le reconnaît dans la rue, juste au moment où la victime appelle au secours depuis sa fenêtre. Placé sous surveillance, Logan Lassay ne sera interpellé que quelques jours plus tard. Après la confirmation de son identité par les prélèvements ADN effectués sur la victime. Entendu, il avait expliqué avoir suivi la jeune femme, tout simplement parce qu'il l'avait trouvée très belle. Puis avait reconnu être l'auteur du viol du 3mars.
Même mode opératoire
Un premier viol qu'il niera par la suite. «Pour la deuxième affaire, j'avoue, c'est moi. De toute manière, je ne peux pas contester». Ses propos tenus devant le juge d'instruction lui ont été rappelés hier, par le président Marie CarmenAngel. Une version à laquelle il s'est tenu. Le mode opératoire est pourtant identique dans les deux affaires. Éric Tuffery, l'avocat général, comme le président de la cour d'assises, n'a pas cessé de le marteler. Logan Lassay s'est, lui, retranché derrière ce qu'il estime être des aveux extorqués par les enquêteurs. «En manque, il avait été placé sous anxiolytique pendant sa garde à vue», a défendu MeDavid Pavec. Il n'avait pas varié dans ses premières déclarations devant le juge d'instruction.
Tourmenté par son passé
Des crimes auxquels l'accusé n'a donné qu'un début d'explication. Hier, tous les témoins, à commencer par sa petite amie, ont dépeint tour à tour le portrait d'un jeune homme tourmenté par son passé. Confié à l'aide sociale à l'enfance dès l'âge de 8 ans après avoir subi des violences de ses parents, il a été trimbalé de familles d'accueil en foyers. Un parcours au cours duquel il explique avoir été victime d'attouchements, après être longtemps resté muet. Une enfance émaillée d'incidents à caractère sexuel. Ses éducateurs ont dressé, hier, le portrait d'un enfant déstructuré, en très grande souffrance.

25 mai 2012 à 14h35 - 7 réaction(s)
25 mai 2012
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