28 janvier 2012
Unanimité. Hier, au conseil général, gauche et droite ont eu le bon goût d'éviter les controverses pour adopter la première charte de territoire contre les algues vertes, celle de la baie de La Forêt-Fouesnant. Dans les prochains mois, quatre chartes du même type seront mises en oeuvre dans les baies de Douarnenez, Guissény, l'Horn et Locquirec.
91% d'origine agricole
Cette charte est la première déclinaison finistérienne du plan gouvernemental contre les algues vertes. Elle s'articule autour de trois volets: l'amélioration des connaissances sur le sujet, le traitement des algues et, surtout, les mesures préventives pour limiter les flux d'azote vers les côtes. L'urgence s'impose à l'heure où Bruxelles est à deux doigts du contentieux pour manque d'initiative de l'État français. En baie de La Forêt-Fouesnant, les causes ont été identifiées à l'issue d'un diagnostic détaillé. Les flux d'azote proviennent à 91% de l'agriculture et 9% des insuffisances en matière d'assainissement. Dans le bassin-versant, où 148 exploitations agricoles de plus de trois hectares sont recensées, plusieurs éléments se conjuguent pour favoriser la prolifération des algues: température douce, fort drainage naturel qui favorise le lessivage de l'azote, débit d'étiage soutenu qui contribue aux apports d'azote, morphologie de la baie avec un faible renouvellement des eaux... Autant d'éléments convergents qui ont fait de la baie de La Forêt-Fouesnant l'une des plus touchées par les algues vertes.
Une charte individuelle
La première initiative vise l'adhésion à cette démarche des 148exploitants concernés (50% d'élevages bovins, 10% en production légumière...) qui vont être invités à signer une charte individuelle. L'objectif est de les inciter à changer certaines pratiques et de les aider dans la mise en oeuvre de mesures comme des plans de fumure renforcés ou une meilleure couverture des sols. Un dispositif technique qui fera l'objet d'un suivi régulier et de collaborations avec les intervenants des quatre autres chartes.
«Un choix de société»
Pour Mickaël Quernez, vice-président en charge de ce dossier, nous sommes là «face à un vrai choix de société car le modèle agricole breton n'est pas viable à long terme. Mais tout ceci, ajoute-t-il, ne peut se faire d'un claquement de doigts», faisant référence aux injonctions de Bruxelles tout en rappelant que l'agriculture représente un emploi sur dix dans le Finistère et que 30% des exploitations ont disparu en dix ans. Du côté de l'opposition, Michel Canévet et Jacques Gouérou insistent tous deux sur les efforts déjà accomplis par le monde agricole «où il y a des gens responsables qui se sont engagés». Pierre Maille n'en disconvient pas mais fait remarquer que «cela fait longtemps que les échéances sont reportées d'année en année. Il y a aujourd'hui une exigence de résultat».

25 mai 2012 à 14h35 - 7 réaction(s)
25 mai 2012
25 mai 2012