3 novembre 2009
Invité de l'entretien Orange-Le Télégramme, le professeur ClaudeLesné, chercheur au CNRS au département de Santé publique, à Rennes, revient sur la question de la dangerosité des algues vertes.
Est-il prouvé que l'on peut mourir à cause des algues vertes qui viennent s'échouer sur nos plages?
Oui, je crois que ça a été prouvé cette année. Les analyses faites à Saint-Michel-en-Grève(22) ont montré des niveaux de pollution par l'hydrogène sulfuré de 1.000ppm (parties par million), confirmant qu'il y avait bien un danger de mort dans certaines situations sur ces plages.
Peut-il y avoir d'autres effets sur la santé?
Il faut savoir qu'à des doses très faibles - de deux ppm, c'est-à-dire 500 fois moins que ce qui a été mesuré sur la plage de Saint-Michel -, vous pouvez avoir des déclenchements de crise d'asthme, ce qui n'est pas anodin. À des doses un peu plus élevées, vous pouvez avoir de graves effets sur l'oeil. Cela suppose qu'il faut, lorsque l'on a ces atteintes oculaires, aller voir un ophtalmologiste et faire un traitement pour éviter d'avoir des séquelles définitives.
Vous informez régulièrement la population via des conférences. Selon vous, l'État fait-il son travail?
Je crois que l'information devrait être faite autrement qu'avec quelques conférences. Je souhaite que l'on mette en place des moyens pour informer la population, mais aussi les professionnels de santé. La toxicité de l'hydrogène sulfuré, c'est normal, n'est pas spécialement connue de la plupart des professionnels de santé. Ce sont des connaissances un peu techniques et un peu particulières. Donc, il y aurait un effort à faire. Ça ne peut être fait qu'avec la mise en mouvement des autorités. Retrouvez l'intégralité de l'entretien sur www.letelegramme.com ou www.orange.fr, rubrique actualités
