4 novembre 2009 - 1 réactions
Avec un déficit supérieur à 9MEUR creusé sur deux ans - 5,5MEUR en 2008 et 3,5MEUR en 2009 -, l'ADMR 29, en fâcheuse posture, court au plan social. «On en est sûr, désormais», a confirmé Erwan Le Lay, président de la fédération.
Quelque 3.700 salariés pour 28.000 personnes aidées. Ce sont les chiffres clés d'une association d'aide à domicile en milieu rural et périurbain, aujourd'hui aux portes d'un plan social, plat principal d'une restructuration inéluctable. Qui sera touché? «Il est trop tôt pour le dire», indique, prudemment, Erwan Le Lay. «Le personnel d'intervention devrait être préservé», lâche-t-il tout de même. Et par là même, les usagers. Le dépôt de bilan est-il à redouter? «On ne peut imaginer que l'ADMR 29 disparaisse», estime Pierre Maille, président du conseil général, financeur de la structure via l'APA (allocation personnalisée d'autonomie). «Elle est présente sur l'ensemble du territoire du département et représente une assistance totalement indispensable. Mais il faut être vigilant. Je lisais l'autre jour que, dans une autre région, une association d'aide à domicile de plus de 300 employés avait déposé le bilansur des différentiels decoûts».
Audience lundi au TGI de Brest
Première démarche d'une procédure d'alerte classique, la fédération de l'ADMR 29 a saisi le tribunal de grande instance de Brest. Elle attend désormais la mise en place d'une mesure de sauvegarde de justice. «L'audience a lieu lundi prochain. Un mandataire judiciaire doit être nommé», informe Elie Bidet, directeur. Nous n'imaginons pas trop arrêter notre activité du jour au lendemain». Comment l'ADMR 29, dont le système était, jusqu'en 2005, largement basé sur le bénévolat, a-t-elle atteint ce point critique en si peu de temps?
Une évolution trop rapide?
«Dans ses conclusions rendues en 2005, un audit, commandé par le conseil général, la Cram, la MSA, la direction départementale du travail et de l'emploi et nous-mêmes, nous invitait à professionnaliser, encadrer, structurer... De fait, en 2006, nous avons largement augmenté notre personnel administratif. Des efforts importants en terme de qualification et de formation des personnels ont été faits. Nos coûts de fonctionnement ont été plus élevés. En parallèle, nous n'avons pas obtenu de revalorisation de nos tarifs par le conseil général, de juillet2005 au 1erjanvier 2009», développe Elie Bidet. Il concède aussi, du fait d'une évolution rapide de la structure -regroupement de plusieurs associations locales -, pour répondre à l'explosion de la demande, avoir mal évalué, dans le budget prévisionnel de 2009, les frais de déplacement des personnels d'intervention. «Nous avions prévu d'indemniser, en moyenne, 3,95 kilomètres pour une heure d'intervention. Nous en sommes à 4,57 kilomètres. Un différentiel important qui fait que, sur la masse, ça correspond à 1 MEUR». Jeudi, l'ADMR 29 a rendez-vous avec Pierre Maille, qu'elle a sollicité. «Nous allons travailler sur ce que chacun peut faire pour redresser la barre», dit le président du conseil général. «Nous ne voulons pas être totalement dépendants de structures à but lucratif qui s'implantentdans ce secteur de l'économie sociale».
