11 juin 2009
Hasard du calendrier: au moment où, non loin de là, la tension était vive entre producteurs de lait et grande distribution, des représentants des cinq chambres économiques du Finistère (Cocef) étaient réunis hier soir à Landerneau, dans un débat animé par HubertCoudurier, directeur de l'information au Télégramme. Avec pour document de base, une étude très exhaustive sur l'activité du Finistère, en 2008.
«Pas de transformation sans production locale»
Depuis, la situation a quelque peu évolué, et pas dans le bon sens, mais cette étude est instructive sur le poids de plus en plus lourd de l'agroalimentaire dans le département puisqu'il est à la fois le moteur de l'activité mais aussi l'amortisseur dans la période de crise actuelle. Avec 19.000 postes de travail, l'agroalimentaire représente, à lui seul, 42% de l'emploi salarié privé du département, avec une prédominance du secteur des viandes (38% des effectifs globaux). Les effectifs restent stables malgré la crise, exception faite de l'intérim. «Certaines entreprises embauchent même», assure Jean-François Garrec (CCI Quimper) tandis que Jacques Jaouen (chambre d'agriculture) rappelle avec force qu'il faut de la production locale si on veut de la transformation. Le secteur de la pêche (27% de la pêche française) présente plus de zones d'ombre puisque les chiffres sont en baisse continue depuis plusieurs années et que ce secteur génère de nombreux emplois induits: un marin en mer, c'est trois à cinq emplois à terre. Avec environ 2.900 marins actuellement, on mesure l'impact de la filière sur l'économie, principalement dans le Sud-Finistère.
Commerce: des chiffres en trompe-l'oeil
Dans le bâtiment, la dégradation des carnets de commandes a été manifeste et rien, pour l'instant, ne se dégage à l'horizon puisque les anticipations de chantiers décidées par de nombreuses collectivités ne produisent pas encore leur effet. Dans un contexte pourtant morose, le commerce finistérien continue à afficher une assez belle vitalité, du moins dans des chiffres qui peuvent être trompeurs. Ils ne doivent pas masquer le décalage entre le commerce traditionnel et les grandes et moyennes surfaces, ni la course au m² dans laquelle la grande distribution s'est lancée depuis la réforme de l'urbanisme commercial. Elle prend parfois des allures de course à l'échalote, comme ne manque pas de le souligner Jacques Khün (CCI Brest).
Tourisme: des inquiétudes
Reste enfin le tourisme. Les professionnels regardent la saison à venir avec un peu d'appréhension. L'année 2008 avait enregistré une baisse de fréquentation de 4% (29,3millions de nuitées) malgré les rassemblements de vieux gréements à Brest et Douarnenez, ou encore le Tour de France, avec, il est vrai, une météo parfois exécrable. Que va donner la saison à venir? Jacques Feunteuna (CCI Morlaix) est partagé entre deux paramètres: le bon, c'est la fréquentation d'avant-saison, très satisfaisante au cours des récents longs week-ends; le moins bon, c'est la faiblesse de la livre qui handicape tous les secteurs à forte clientèle anglaise. Du coup, il n'est pas certain que les aéroports finistériens rééditent leur pic de 2008: pour la première fois, l'an dernier, ils ont dépassé le million de voyageurs.