Yoann Perron. La passion d'Europe d'un jeune Breton
Depuis deux ans, Yoann Perron vit avec enthousiasme son rôle de délégué au Parlement européen des jeunes. Avec dix-huit autres lycéens et étudiants bretons, il accueille, depuis hier, les trois cents délégués venus de trente pays participer à la session internationale de Rennes. Itinéraire d'un enfant de Mûr-de-Bretagne, juste entre Ouessant et l'Oural.
Comment votre passion européenne est-elle née ?
Elle a vraiment commencé à 16 ans, lorsque j'étais en première à Pontivy. Notre professeur nous a encouragés à être candidats au Conseil européen des jeunes. J'ai réalisé mon projet, un petit film sur l'implication de la jeunesse dans l'idée européenne, et il a été retenu. Ensuite, j'ai été sélectionné pour la session nationale au Puy-en-Velay, puis pour la session internationale l'été dernier en Pologne. Cette expérience m'a comblé, et je me suis naturellement retrouvé dans le comité d'organisation de la session de Rennes. C'est un exercice différent, il a d'abord fallu démarcher les entreprises bretonnes pour trouver les financements, préparer la manifestation et maintenant accueillir trois cents délégués pendant six jours.
Que vous a apporté votre investissement dans le parlement des jeunes ?
Nous discutons énormément entre nous, pour parvenir à élaborer des résolutions. Je me suis particulièrement investi dans un document sur les droits des animaux, qu'il s'agisse de fourrure, de foie gras ou d'élevage en général. L'apprentissage du débat est très enrichissant. Le plus impressionnant aura été de prononcer des discours devant trois cents personnes, délégués jeunes et personnalités. Et puis, j'ai perfectionné mon anglais. C'est la langue la plus utilisée, même les Européens qui ont appris le français sont souvent plus à l'aise en anglais.
Et maintenant, envisagez-vous un prolongement de votre implication ?
Oui, mais pas tout de suite. Il est temps maintenant que je me consacre à fond à mes études. Je suis en maths-sup au lycée de Kerichen à Brest, et la priorité pour les deux ans à venir est de préparer les concours. Après, oui, j'ai très envie de continuer à travailler au parlement des jeunes. L'âge limite est de 25 ans, j'ai encore sept ans devant moi. Et j'ai aussi très envie de m'orienter vers un métier qui puisse offrir une dimension européenne. Cela pourrait se conjuguer avec ma passion des statistiques et des études de la population. En plus, l'Ensai (*) est implantée en Bretagne, ça me va bien.
* L'École nationale supérieure de la statistique et de l'analyse de l'information forme les ingénieurs de l'Insee, sur le campus de Bruz-Kerlann, près de Rennes.