7 novembre 2009
«Nous sommes des industriels et non des philanthropes, nous sommes là pour faire de l'argent», a franchement déclaré Jean-PierreRault, dirigeant de la société exploitante de carrières, devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc. Et celui-ci d'ajouter:«Mais on n'est pas là non plus pour mettre en danger les habitants». Précision importante. Car il est reproché à la SARL des carrières de la Fontaine Ménard, à Yffiniac, une des cinq sociétés costarmoricaines des carrières Rault, d'avoir causé l'accident de tracteur de la fille des exploitants agricoles, voisins de la carrière. Il lui est également reproché d'avoir exploité le site sans autorisation, entre janvier et mai2006, et au-delà des zones limites. Autre motif de poursuite:les camions, circulant sur le site, n'ont jamais été immatriculés. Jeudi, devant les questions du président Alain Sadot, Jean-PierreRault a concédé: «C'est vrai qu'il aurait fallu prendre plus de précautions». En revanche, il a contesté avoir poursuivi l'exploitation de la carrière après la fin de l'autorisation en décembre2005. «Nous avons simplement récupéré et concassé les roches extraites et procédé à la remise en état du site, nous avions le droit!».
«Calvaire» ou «psychose»
Affirmation immédiatement contrée par la famille Pennors, en conflit avec la société Rault depuis son installation, il y a 17ans. En avril2006, la fille des exploitants, travaillant en tracteur sur le terrain de ses parents, manque de tomber dans une brèche. «J'ai eu peur que la terre s'écroule sous mes pieds! J'ai eu peur!», a martelé la fille. «Ils font tout pour nous abattre psychologiquement et moralement», a affirmé la mère de la famille, visiblement affectée. Alors que l'avocat de la famille Pennors a évoqué «un véritable calvaire», celui de la société Rault a pointé le manque «d'éléments techniques et scientifiques», prouvant la véracité des griefs. «Cette famille se sent harcelée depuis des années mais ça relève de la psychose», a-t-il ajouté.
De fortes amendes requises
S'appuyant sur les rapports de la direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire), le procureur PatrickLewden a requis 10.000EUR d'amende à l'encontre de la société des carrières de la Fontaine Ménard, ainsi que 61.200EUR, somme correspondant aux 340 contraventions pour non immatriculation des camions, roulant sur une voie publique. La décision du tribunal est mise en délibéré au 10décembre prochain.
25 mai 2012 Ã 15h55