21 octobre 2009 - 1 réactions
Les voisins ne supportaient pas l'odeur du bouc. Il aura fallu un expert missionné par une assurance pour que le calme revienne dans un petit hameau de Trébrivan.
El Kebab va pouvoir vivre, peinard, sa vie de bouc avec ses deux copines, deux chèvres des Fossés. «C'est une race en voie de disparition», expliquent Maryline et Yann Le Meudec, amateurs passionnés d'élevage. «C'est la raison de notre installation ici. On a toujours eu des bêtes et on est originaire de la campagne. Quand on a vu la maison, l'étable et le terrain d'un hectare, on a sauté sur l'occasion».
«Nuisances olfactives»
Mais voilà, dès leur arrivée, il y a un an, de proches voisins se plaignent de «nuisances olfactives, du fait de la présence du bouc et des deux chèvres dans le hangar attenant à notre habitation, à deux mètres de nos fenêtres». «C'est vrai qu'on a mis les chèvres dans le hangar, le temps que l'on sème la prairie et qu'on fasse les clôtures; mais c'était dans le haut du bâtiment, à dix mètres de la maison des voisins, et seulement la nuit», répondent Maryline et Yann. «On veut bien admettre, aussi, qu'en période de rut - trois semaines pendant l'automne - le bouc sent plus fort, mais pas de façon excessive».
«Vivre en campagnard»
D'autres lettres suivent. «L'affaire» met en émoi le village. Les sept autres voisins signent la pétition en faveur du jeune couple: «Il y a toujours eu des animaux dans le village. Moi aussi, j'ai eu des chèvres et ça n'a jamais posé de problème», assure Rosalie, 80 ans. «Il y a beaucoup de néoruraux qui viennent habiter dans nos hameaux, et c'est tant mieux, commente le maire, Joël Le Croizier, mais certains ne se rendent pas compte qu'à la campagne, il faut vivre comme des campagnards. Il faut accepter les avantages et, éventuellement, les inconvénients... Le chant du coq, le bruit de la moissonneuse, tard le soir, les animaux».
«Le bouc ne sent pas»
Un maire auquel les «plaignants» reprochent de «n'avoir pas joué son rôle de conciliateur. «Nous avons fait venir un expert», ont déclaré les voisins incommodés. Verdict: le bouc ne sent pas le bouc, a constaté celui-ci, le 7octobre dernier. «Oui, mais les animaux étaient dans le pré», ont-ils souligné. Et d'ajouter: «Mais l'essentiel est qu'ils y soient, justement; l'affaire est résolue. Dites bien que les ?mauvais voisins? sont satisfaits. Nous aussi, nous aimons les animaux et ça fait huit ans que nous sommes installés ici». Ne reste plus qu'à célébrer la réconciliation lors du prochain repas du village, au printemps prochain...
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