14 octobre 2009
La mise en place du RSA s'appuie sur un dispositif comportant de nombreux parternaires. Le conseil général 22 attend 25.000 bénéficiaires, et s'interroge un peu sur le financement...
Depuis l'entrée en vigueur du RSA (revenu de solidarité active) en juin dernier, plus de 8.500 dossiers ont été traités favorablement dans les Côtes-d'Armor. Au moins 1.500 de ces allocataires n'auraient pas perçu le RMI (revenu minimum d'insertion) ni l'API (allocation de parent isolé) que le RSA remplace. Cela traduit bien l'élargissement de la population bénéficiaire du nouveau dispositif. En effet, certains travailleurs à faible revenu peuvent recevoir en complément le RSA. On devine que la gestion des dossiers est complexe: il faut non seulement orienter les demandeurs selon leur situation, mais aussi les accompagner dans un parcours d'insertion personnalisé. À cet effet, le conseil général, qui finance le dispositif, s'est assuré la collaboration de nombreux partenaires (*) avec lesquels son président signait, lundi soir, une convention.
«Au nom de la solidarité nationale»
Le RSA avait été expérimenté dans les Côtes-d'Armor dès l'année 2008 sur un territoire limité (secteurs de Loudéac et de Lamballe). Fort de cette expérience pilote, le Département peut tabler sur une hypothèse future de 25.000 bénéficiaires, alors que l'on comptait 7.500 allocataires du RMI. La partie correspondant aux ex-RMI et API devrait être compensée par l'État «à l'euro près», comme l'a souligné Claudy Lebreton, bien qu'un certain retard se manifeste déjà sur ce point. Le financement de la partie «Revenu d'activité» du dispositif (complément de revenus) pose davantage de questions. La taxe, récemment votée, de 1,1% sur les revenus du capital, y suffira-t-elle? Philippe Meslay, vice-président du conseil général chargé des solidarités, n'en est pas très sûr. «Mais c'est la responsabilité de l'État», souligne-t-il. «Nous assumons cette charge au titre de la solidarité nationale, et nous sommes face à des réalités sur lesquelles nous n'avons aucune prise. Le Département sera très attentif aux compensations financières de l'État», a averti le président, en présence du préfet.
* Caisse d'allocations familiales, Pôle Emploi, centres communaux d'action sociale, Mutualité sociale agricole, préfecture.
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