25 juillet 2009
L'audience au tribunal des référés n'a pas, hier, permis de rapprocher grévistes et direction de Rocca Ouest. Du coup, le blocage du site continue jusqu'à lundi matin, au moins, soit quatre jours avant la fermeture du site.
Vendredi 31juillet, l'usine Rocca Ouest fermera définitivement ses portes à Plaintel. Après 39 ans d'existence, l'agonie de l'entreprise de fabrication de fenêtres en PVC, qui n'avait connu aucune grève, est particulièrement douloureuse. Deux camps s'opposent. D'un côté, une trentaine de salariés déterminés à partir de l'usine avec une prime de 20.000EUR, de l'autre, la direction de Vendôme Fermetures absolument inflexible : elle donnera 2.000EUR en complément des indemnités légales, et pas un sous de plus.
Jugement lundi matin
Une opposition qui n'a pas fléchi, hier, au tribunal de Saint-Brieuc, face à la juge des référés. elle était chargée d'ordonner ou non la levée d'un blocage du site, entamé par les grévistes le 15juillet dernier. Les divergences étaient telles dans le dossier qu'elle a préféré mettre l'affaire en délibéré. Le jugement sera rendu lundi matin. Estimant le préjudice de l'entreprise, qui ne livre pas ses clients, à 75.000 EUR, Me Jullié, avocate de la direction, a demandé la levée immédiate du blocage, qui constitue pour elle une atteinte à la liberté d'entreprendre et à celle de circulation. Yann Poirier, de la CFDT, a répondu au nom des deux représentants du personnel convoqués: «L'entreprise Vendée Matériaux (NDLR: propriétaire de Vendôme Fermetures) fait des bénéfices, il y a des licenciements, donc elle doit participer aux préjudices.» Le blocage était, pour lui, «le seul moyen de forcer la direction à venir.»
Question de principe
Pour Bruno Cadudal, ne pas céder est une question de principe. Il insiste sur le fait que le comité d'entreprise de Rocca Ouest, consulté le 8juillet, ne s'est pas opposé au plan social et donc au montant de la prime. «Nous ne sommes pas des patrons voyous. Ils ont décidé de bloquer puis de négocier ensuite. Moi, je ne discute pas comme ça.» En face, les grévistes, pour la plupart nouvellement syndiqués, ont le soutien de commerçants, d'élus locaux, des socialistes et républicains du département, du député UMP Marc Le Fur. Une pétition de plusieurs centaines de noms circule, dont ceux de trois artisans clients de Rocca Ouest. Même si le tribunal demandait la levée du blocage, Laurent LeGoff, délégué CFDT a prévenu : «On ira plus loin s'il le faut».
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