3 février 2010
«On ne peut pas toujours prendre le train des autres.» Ces mots, empruntés au «Nous te ferons...» de Xavier Grall, forment aujourd'hui son leitmotiv. Après une mandature passée aux côtés de l'UDB et des Verts, dans la majorité de Jean-YvesLeDrian, Christian Troadec(43 ans) a donc décidé de suivre sa propre voie. «C'est dur de peser seul au sein d'un groupe. Or, la Bretagne ne peut plus dépendre des états- majors parisiens», avance-t-il pour justifier sa nouvelle indépendance.
«Proche» de Le Drian pas du PS
Au fond, l'ancien président des Vieilles Charrues a toujours joué sa propre partition depuis son entrée en politique, en 2001. Élu d'une courte tête à la mairie de Carhaix, sous une étiquette divers gauche, il pourfend le PS sur ses terres, mais s'affirme proche de Jean-Yves Le Drian sur la scène régionale. «Son seul problème est qu'il est ligoté par un par
ti à court d'idées».
Se présentant comme un élu «pragmatique» et proche de ses administrés, l'ancien journaliste s'est rapidement mué en redoutable animal politique. Depuis son élection à Carhaix, il a certes connu des échecs, aux législatives, cantonales et sénatoriales. Mais son fief carhaisien lui assure une solide base arrière: réélu dans un fauteuil en 2008, Christian Troadec a ensuite pris la tête du Sircob (traitement des ordures ménagères, sur 76 communes), puis de sa communauté de communes. En terre de Poher, l'élu est devenu incontournable.
«Un résistant et un bâtisseur»
Une position qui agace, à gauche comme à droite. Ses adversaires voient en lui un homme plus soucieux de son image que de ses convictions politiques. «Ni de gauche, ni de droite. Juste populiste», disent les plus hostiles. Lui se reconnaît deux modèles politiques. «De Gaulle, pour la Résistance. Et Mendès-France, pour la volonté de réformer la société, de la rendre plus juste». L'entrepreneur (fondateur du Poher Hebdo puis patron de La Coreff), monté en première ligne pour défendre l'hôpital de Carhaix, se définit comme «un résistant, et un bâtisseur. Je suis foncièrement de gauche, par mes convictions humanistes et de progrès». Son objectif avoué pour ce scrutin: les 10%. Pour quelle stratégie au second tour, alors que beaucoup le voient postuler à une vice-présidence? «Je discuterai, avec toutes les autres forces de progrès. Mais sur un programme, pas pour des postes. Car il faut un nouveau souffle pour la Bretagne». Une façon d'ouvrir la porte à toutes les alliances. «Sauf avec la droite», préfère-t-il préciser.
25 mai 2012 Ã 15h55