22 mai 2008
Le 38 e congrès du Groupe français des pesticides (GFP) a ouvert ses portes hier, à Brest. De vocation scientifique, il réunit durant trois jours de nombreux acteurs confrontant leurs connaissances.
En 1991, un total de 942 molécules actives entrant dans la composition des pesticides était autorisé à la vente. Aujourd'hui, près de 550 le sont toujours.
« Le panorama des usages et des usagers est très varié. Ceci explique le nombre important de confrontations », explique Gaël Durand, directrice adjointe d'Idhesa Brest, ex-pôle analytique des eaux. Pas étonnant alors de voir des chercheurs en écotoxicologie ou en épidémiologie, assister aux présentations sur les conséquences agricoles et environnementales liées à l'utilisation des pesticides. Et vice versa.
L'accent sur la
« spécificité régionale »
Le principe de « la spécificité régionale » mettra l'accent sur l'agriculture, « particulièrement développée en Bretagne », et les recherches en milieu marin.
L'exemple de la pollution aux biocides (traitement antifongique du bois) survenu récemment dans l'Aber Benoît pourra servir d'introduction aux débats. Ce fait divers ne manque pas de révéler les interrogations des chercheurs et décideurs : quel impact sur les élevages d'huîtres et le milieu naturel en aval de la rivière ? Quelles conséquences sur la santé humaine ? Quelles stratégies de maîtrise adopter ? Les trois jours ne seront pas de trop pour faire le point dans un contexte plus étendu.
Car l'utilisation des pesticides est problématique à plus d'un titre. Selon Arnaud Clugery, de l'association Eau et Rivières, « on utilise des molécules dont on cerne mal les effets sur la santé humaine. Jugées dangereuses, elles sont aussitôt remplacées par d'autres, dont on ne connaît pas mieux les effets ».
Interdits en Europe
utilisés au Maroc
L'exemple du Maroc, présent sur le forum, va plus loin encore : des produits interdits en Europe y sont largement utilisés. Gaël Durand cite notamment les tristement célèbres « Chlordécone », « Lindane » ou « dérivés du DDT ». Pire encore, les usines ont délocalisé leurs sites de production directement sur place.
Une charte du jardinage
Mais ce rendez-vous montrera des avancées positives. Jean-Luc Polard, vice-président de Brest Métropole Océane (BMO), souligne que « les sensibilités évoluent dans le bon sens ».
A BMO, « nous n'utilisons presque plus de pesticides, ayant remplacé leurs services par des techniques alternatives comme le brûlage thermique (pulvérisation d'eau chaude et d'amidon de maïs NDLR) ». De plus, il se satisfait de « l'adoption d'une charte du jardinage par les revendeurs », qui vise à proposer des alternatives aux pesticides. « Et ça marche », ajoute Jean-Luc Polard.
Le problème reste encore de faire écho auprès des grandes surfaces « chez qui il n'existe pas de vendeurs spécialisés ».
Pratique www.rade-brest.fr Entrée aux conférences : 5.