28 novembre 2008
Les médecins généralistes bretons ont décidé de s'organiser en réseau régional d'urgences pour les interventions de nuit et de week-end. C'est une première : aucune autre région n'a vu la médecine libérale s'unir pour monter pareille structure.
Tout est parti du « Conseil régional Bretagne-Urgences », mis en place par l'Agence régionale de l'hospitalisation. « Sur les 36 membres de ce conseil, il n'y a qu'un seul médecin libéral pour représenter les 3.000 praticiens qui répondent à 40 % des appels régulés d'urgence de nuit », remarque Philippe Le Rouzo (*).
Une sous-représentation qui a conduit les médecins de ville et de campagne, unis derrière leurs cinq syndicats, leurs quatre associations départementales et leur union régionale, à créer leur propre dispositif.
« Bretagne permanence des soins » (BPS) veut être complémentaire du réseau hospitalier, les deux organisations constituant « deux blocs bien organisés qui vont pouvoir travailler en parallèle pour répondre au mieux aux demandes d'assistance centralisées par les médecins régulateurs des centres d'appels d'urgence (centre 15, 18...) », explique Elisabeth Hingant (élue du conseil régional de l'ordre des médecins).
Unanimité historique
Qu'est-ce qui va changer dans la vie des patients ? Rien pour le moment. « En réalité, le dispositif libéral existe déjà à travers les maisons médicales de garde, les associations de permanence des soins, les systèmes de garde, et les cliniques privées », précise Philippe Le Rouzo. Mais le réseau BPS doit permettre d'améliorer le dispositif en le structurant sur l'ensemble du territoire breton.
Il a aussi pour but de mieux faire entendre les propositions des généralistes, historiquement réunis par l'unanimité de leurs organismes représentatifs, dans un domaine où la parole des urgentistes hospitaliers est jusqu'alors prépondérante. « On en a marre d'entendre dire que les médecins libéraux se désengagent de l'urgence, alors que nous voulons l'assurer et que nous l'assurons bien », s'insurge Elisabeth Hingant.
Un coût et des économies
Qui va payer le dispositif libéral ? « Aujourd'hui, il revient à 12,6 millions d'euros à la charge de la caisse régionale d'assurance-maladie », indique Philippe Le Rouzo (forfait d'astreinte, actes médicaux, fonctionnement des maisons de garde). « C'est une dépense minime, même pas 40 lits hospitaliers ! », ajoute Elisabeth Hingant. À les en croire, le réseau régional structuré ne coûterait pas beaucoup plus cher à la sécu, et générerait des économies. « Le coût d'une admission aux urgences est de 240 , alors qu'il est de moins de 60 pour l'intervention du médecin ».
* Responsable de la commission « Permanence des soins » à l'Union régionale des médecins libéraux de Bretagne.
21 mai 2012 à 15h00