5 août 2009
Jean-BaptisteHenry, l'un des fondateurs et piliers du syndicat «Amoco», est décédé lundi, à Lannion, à l'âge de 70 ans. Natif du Trégor, Jean-BaptisteHenry est conseiller municipal à Plouguiel, en mars1978, lorsque survient à Portsall (29) le naufrage de l'Amoco-Cadiz, qui provoque la pire marée noire en Bretagne: 230.000 tonnes d'hydrocarbures, répandues entre Portsall et l'ouest de la baie de Saint-Brieuc. «Il a monté le premier comité de vigilance des élus, avec Jean-Yves Simon, maire de Pleubian. Puis, avec Alphonse Arzel et Charles Josselin, il a été l'une des chevilles ouvrières du syndicat de défense du littoral nord de la Bretagne», raconte Joël Le Jeune, actuel président de ce syndicat, aujourd'hui baptisé Vigipol.
«C'était le fer de lance»
Chercheur à l'INRA, Jean-Baptiste Henry est détaché de son administration pour devenir permanent du syndicat, où il va jouer un rôle essentiel dans le procès intenté à la compagnie pétrolière Amoco, à Chicago. «C'était lui le fer de lance du syndicat, notre grand penseur. Il a passé neuf mois à Chicago, pour préparer le procès avec les avocats. Il accueillait et conseillait les élus bretons qui venaient témoigner devant le jugeMcGarr», se souvient AlphonseArzel, le président historique du syndicat. Après plusieurs années de lutte, les élus bretons obtiennent la reconnaissance de la responsabilité de la compagnie dans la marée noire et une indemnité de 225MF (environ 34MEUR). «Si on est allé au bout, si on n'a pas capitulé, malgré les embûches et les problèmes d'argent, c'est grâce à lui», souligne Alphonse Arzel. Jusqu'au bout, Jean-Baptiste Henry est resté au service du syndicat Vigipol, en tant que conseiller. Il était aussi un militant politique et syndical connu dans le Trégor, et un artiste à ses heures. Un hommage lui sera rendu aujourd'hui, à 13h30, au funérarium de Bégard.
25 mai 2012 à 15h55