25 janvier 2012
Hier, Jean-Marie Beaufrère, président du tribunal de grande instance de Nantes et nommé juge de l'expropriation pour ce projet d'aéroport qui touchera 1.600 hectares, directement et indirectement, devait se rendre sur des parcelles susceptibles d'être expropriées pour évaluer leur valeur.
Le convoi bloqué par des opposants
Accompagné d'un convoi d'une dizaine de voitures de gendarmerie ainsi que de quatre camions de transport de troupes et de plusieurs 4x4, le juge a été accueilli par près d'une centaine de manifestants scandant «Non à l'aéroport». Dans une cohue houleuse, il a d'abord rencontré les propriétaires concernés. Mais il n'a pu se rendre en voiture sur les premières parcelles, le convoi ayant été bloqué par un barrage de branches puis par des militants couchés sur la route. La visite s'est alors effectuée à pied, entourée d'un important service d'ordre, précédé et suivi de manifestants tentant de ralentir ou d'arrêter la progression du juge. Les mêmes scènes se sont répétées à plusieurs reprises, le juge ayant une dizaine de parcelles à visiter. Les gendarmes ont fait usage à une reprise de gaz lacrymogènes. Une dizaine de visites de ce type doivent avoir lieu d'ici l'été pour évaluer toutes les parcelles, selon l'un des avocats de propriétaires, Me Erwan Lemoigne. Selon la procédure, lorsqu'un propriétaire n'accepte pas l'offre à l'amiable de l'État, le juge de l'expropriation se rend sur place pour évaluer la parcelle avant l'audience d'expropriation à proprement parler. Celle concernant les parcelles visitées hier aura lieu le 15février. Une procédure similaire s'appliquera aux exploitants agricoles.
«L'aéroport ne se fera pas»
Confiée par l'État au groupe Vinci, la construction du futur aéroport de Nantes doit débuter en 2014 et se terminer en 2017. S'y opposent des agriculteurs locaux, les écologistes et des militants anarchistes ou alternatifs. L'un des dirigeants de l'Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes), principale organisation d'opposants, Dominique Fresneau, a ainsi déclaré au juge Beaufrère que sa visite d'expropriation était «prématurée» car «l'aéroport ne se fera pas». Le groupe Vinci a annoncé le 17janvier que «les trois-quarts de la superficie nécessaire à la réalisation du futur aéroport (sont) acquis», et que «27 conventions (ont été) signées sur les 39exploitations directement concernées».
23 février 2012
23 février 2012
23 février 2012
