21 février 2008
« La belle endormie »
Jean-Marc Ayrault qui débarquait de sa cité périurbaine auréolé de l'image flatteuse d'un maire bâtisseur, aménageur et animateur, arrivait à point nommé pour secouer « la belle endormie ».
Elle n'attendait que ça et s'est donnée dès le premier tour au prince venu la réveiller. Les Nantais voulaient du changement, ils ont été servis ! Aménagements urbains, grands équipements, vie culturelle foisonnante, essor économique, poussée démographique, notoriété de la ville, stature politique du maire : Nantes, caressée dans le sens du poil, se « boboïsait » à plaisir, découvrait les délices de l'orgueil... et remerciait son héros en lui épargnant le ballottage. Ça fait 19 ans que ça dure.
Le carrefour des droites
La droite n'a jamais réussi à aligner de candidat capable d'inquiéter Ayrault. En 1995, l'éphémère ministre Elisabeth Hubert qui prend à la hussarde un RPR nantais dont l'importante frange traditionnelle n'apprécie pas la manière, vole en éclats. L'échec est cuisant. Six ans plus tard, l'UDF Jean-Luc Harousseau fait les frais de la division.
Aujourd'hui, c'est aussi une centriste, l'UMP Sophie Jozan qui relève le défi. A-t-elle réuni son camp ? Ce n'est pas gagné, à en juger par sa liste où la « droite des valeurs » façon Boutin brille par son absence. À cela s'ajoute une autre difficulté : le MoDem Benoît Blineau va grignoter au centre une liste UMP qui enthousiasme peu sa droite.
De son côté, le candidat PS a su rallier une gauche largement plurielle à laquelle il ne manque que les extrêmes (LCR, LO, PT ont chacun leur liste) et l'artiste « M. Mouch » (Pierre Combarnous pour l'état civil) qui a réuni des acteurs de la vie culturelle.