20 novembre 2009
Bernadette Malgorn, nº1 pour la Bretagne, Jacques Le Guen, nº1 pour le Finistère. C'est l'hypothèse émise à l'UMP pour régler définitivement le dilemme des régionales. Le téléphone va chauffer...
C'est en début de semaine prochaine que la commission d'investiture de l'UMP va trancher dans le bras de fer opposant Bernadette Malgorn et Jacques Le Guen pour la tête de liste UMP, lors des élections régionales du mois de mars prochain. Dans cette dernière ligne droite, l'ex-préfète de région tient largement la corde puisqu'elle a bénéficié d'un véritable plébiscite lors de la récente audition des responsables bretons devant la commission d'investiture. Mais il n'est pas certain qu'elle accepte le compromis de sortie de crise avancé au sein des instances de l'UMP: la tête de liste régionale pour elle, la tête de liste finistérienne pour Jacques LeGuen puisqu'il faudra, pour ce scrutin, constituer d'abord une liste par département d'où émergeront les élus régionaux au soir du vote.
Le Guen: «pas le nº 2»...
Cette hypothèse, a priori, n'emballe ni l'un, ni l'autre. JacquesLeGuen se considère toujours comme le chef de file de l'UMP, mais il ne ferme pas la porte. Hier, il indiquait avoir appris que la commission d'investiture «lui ferait une proposition pour conduire la liste dans le Finistère. Si tel est le cas, ajoute-t-il, j'attends d'avoir un contact rapide avec les dirigeants de l'UMP pour pouvoir en débattre». Cette prise de position laisse supposer que le député finistérien admet implicitement de ne plus être tête de liste régionale et d'opter pour une solution qui lui fait tenir sa promesse souvent répétée: «Je ne serai pas le nº2 de Bernadette Malgorn». Effectivement, il serait bien le nº1...
L'ex-préfète de région, fidèle à sa ligne de conduite, ne fait pas le moindre commentaire pour l'instant. Une sorte de devoir de réserve puisqu'elle n'est pas membre de l'UMP et que la question, à ce stade, ne relève que des instances internes de ce parti.
Malgorn: marquer son territoire
On sait cependant que si Bernadette Malgorn a choisi de poser ses valises en Bretagne, ce n'est pas pour aller à Rennes conduire la liste d'Ille-et-Vilaine, comme certains le suggèrent. Son horizon c'est la ligne Morlaix-Brest-Ouessant, triptyque affectif et politique dans lequel elle a choisi de s'investir pour les années à venir. Cela suppose de marquer son territoire au plus vite. Depuis plusieurs mois, le débat régional UMP est une affaire finistéro-finistérienne. Il l'est encore plus aujourd'hui où le dilemme se circonscrit clairement à la pointe bretonne, terrain de prédilection des deux candidats.
Exil intérieur
Si Jacques Le Guen accepte un compromis proposé par les instances nationales de l'UMP, Bernadette Malgorn pourra-t-elle s'y opposer, au risque d'aller au clash? Nicolas Sarkozy lui-même recherche la sortie par le haut mais le jeu ressemble de plus en plus à un qui-perd-gagne. Lors de la consultation régionale devant la commission d'investiture, l'ex-préfète l'a emporté haut la main. Et voilà que l'UMP pourrait lui imposer un compromis inacceptable, sorte d'exil intérieur ne cadrant plus avec ses objectifs. À quelques jours de l'échéance, le bras de fer n'a jamais aussi bien porté son nom.
