28 mai 2009
Le 15septembre prochain, l'aéroport de Lannion devrait y voir plus clair sur son avenir. C'est à cette date que le syndicat mixte (*) choisira la compagnie aérienne qui exploitera la ligne Lannion-Paris à partir de la fin octobre.
Pas rentable pour Brit Air
Depuis 2003, cette liaison est confiée à Brit Air. Mais la compagnie morlaisienne a fait savoir le mois dernier qu'elle ne souhaitait plus l'exploiter, faute de rentabilité. Le trafic a chuté de 50.000 à 41.000 passagers en 2008 et Brit Air estime à 1,8MEUR le déficit annuel d'exploitation. Face à la menace de fermeture pure et simple de la ligne, le syndicat a demandé l'établissement d'une nouvelle obligation de service public, quitte à réduire ses ambitions: deux rotations au lieu de trois certains jours. Il lance un appel d'offres auprès des compagnies aériennes européennes: les candidats auront jusqu'au 22juillet pour se faire connaître, le syndicat fera son choix le 15septembre et le nouvel exploitant prendra la ligne à compter du 25octobre. «Mais combien de compagnies sont susceptibles de répondre?», s'est interrogée IsabelleNicolas, conseillère générale, lors de la réunion du syndicat, hier soir à Perros-Guirec. «Je pense qu'on en aura au moins deux, a répondu LaurentLeMercier, directeur de l'aéroport. Le marché est tenu par Air France et peu d'opérateurs voudront s'y confronter. Mais des compagnies européennes voudront peut-être se positionner». Une fois l'exploitant choisi, le syndicat demandera officiellement la participation financière de l'État, à hauteur de 65% du déficit d'exploitation. En attendant, le trafic continue de baisser. Il a encore chuté de 15% depuis le début de l'année 2009. «On a déjà eu une régression importante en 2008, c'est inquiétant», a commenté DenisMer, président du syndicat.
Comparaison défavorable avec Brest
L'aéroport de Lannion subit la concurrence de celui de Brest, où les tarifs sont moins élevés, comme le montre un comparatif présenté hier au conseil syndical. La différence est de l'ordre de 50à 60 EUR, voire 100 EUR sur le plein tarif. «À Lannion, les avions font 50 places, à Brest ils font 180 places, le coût est mieux réparti», justifie Laurent Le Mercier. Mais l'écart est ramené à 15 EUR sur des tarifs promotionnels, ce qui rend Lannion plus compétitif. Le syndicat explore aussi la création de nouvelles lignes et a évoqué, hier soir, la piste de la clientèle d'affaires britannique. Car la ligne vers Paris ne suffira sans doute pas à assurer l'avenir de l'aéroport.
* Il est composé du conseil général, de plusieurs communautés de communes du Trégor-Goëlo et de laCCI.
25 mai 2012