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La Poste. Une histoire d'apostrophes

20 janvier 2009

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Les apostrophes de la langue bretonne perturbent la lecture optique du courrier... La remarque faite par un cadre de LaPoste n'a pas manqué de faire réagir.

En Bretagne, il est des sujets sensibles. Et celui-là en est incontestablement un. En déclarant dans nos colonnes (Le Télégramme de samedi), «Ce n'est pas la langue bretonne qui nous gène, mais ses apostrophes qui perturbent la lecture optique» - en faisant allusion aux nouvelles techniques de tri automatique du courrier utilisées par La Poste -, Yves Amiard, directeur du courrier pour l'Ouest, a provoqué un tollé. Dès la publication de cette remarque, les réactions n'ont pas tardé.

«Initiative choquante»

La Poste «recommande de ne plus utiliser la langue bretonne dans les adresses» et conseille aux communes d'utiliser le français dans la dénomination des nouvelles rues, s'est indigné le vice-président du conseil régional de Bretagne, Christian Guyonvarc'h (UDB). «Cette initiative est des plus choquantes», a-t-il commenté, voyant là «une violation intolérable des libertés individuelles et collectives des Bretons». Des Bretons qui ne sont pas «des indiens du far-west», précise-t-il. L'Office de la langue bretonne, par la voix de sa présidente LenaLouarn, a également vivement réagi, en déclarant que «l'authenticité de notre paysage linguistique doit être préservée et non faire les frais d'un rouleau compresseur d'un prétendu progrès technique. La prochaine étape sera-t-elle de nous obliger à franciser nos noms de famille?», s'interroge-t-elle, citant en exemple les «Guivarc'h», «Manac'h» et autres «Floc'h».

La Poste se défend

Le président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, s'en est également ému. «Je vous demande que les courriers à la toponymie bretonne soient traités de la même manière que tous les autres courriers», a-t-il écrit au président de La Poste, Jean-Paul Bailly, demandant à l'entreprise de préciser quelle est exactement la recommandation adressée aux maires bretons. Étonné par la déferlante de réactions suivant ses propos, le directeur du courrier pour l'Ouest, YvesAmiard, s'est défendu, hier, de toute discrimination: «Mon objectif était de sensibiliser le public sur le sens d'une adresse postale bien libellée». «Quand il y a une apostrophe, le taux de lecture se détériore», a-t-il expliqué. «Écrire différemment le même mot» (Aber Wrac'h ou Aber Wrach), c'est «ce qui pose problème», a-t-il indiqué. «La machine choisit un mot directeur, il semble qu'en français, le mot directeur soit après l'apostrophe, alors qu'en breton, il est avant», a-t-il encore ajouté, avant d'assurer fermement n'avoir «aucune velléité» de s'attaquer à la langue bretonne.

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