31 janvier 2008
Aelaïg, 17 ans, aime la langue allemande. Elle vient d'être désignée meilleure jeune traductrice de France à l'issue d'un concours européen.
Cet automne, un millier de jeunes Européens ont participé à un concours de traduction organisé par la commission européenne. Parmi les 27 lauréats, un par pays de l'Union européenne, une Briochine.
La voix est fluette, mais le regard en dit long sur la jeune fille. Aelaïg Yvet dégaine les réponses tout en fixant son interlocuteur droit dans les yeux. Que veut-elle faire plus tard ? « Ingénieur ». En France ou en Allemagne ? « En Allemagne ».
A 17 ans, l'élève, en terminale scientifique au lycée Rabelais de Saint-Brieuc, est passionnée par l'Allemagne. Elle y va dès qu'elle le peut, lit des livres dans la langue de Goethe, et, à l'occasion, le « Frankfurter Rundschau », un quotidien allemand. Pas étonnant qu'elle vienne d'être désignée meilleure jeune traductrice de France.
Rude concurrence
Le concours « Jeunes traducteurs » a séduit, en France, 142 lycéens en provenance de 29 établissements. Ils étaient entièrement libres de la combinaison de langues qu'ils choisissaient, du moment qu'elles comptent parmi les 23 langues officielles de l'Union. Aelaïg a choisi de traduire de l'allemand vers le français.
Son choix, naturel au regard de son parcours, n'était pourtant pas celui de la facilité. Le tiers des lycées participants étant alsaciens, la concurrence était rude.
Le 14 novembre, elle avait deux heures pour traduire un texte portant sur l'écotourisme. « Il y avait des expressions et des mots pas très connus que je ne savais pas trop comment traduire ». En sortant de l'épreuve, la jeune fille ne pensait pas avoir réussi. « Hier, j'ai été très surprise quand M. Rauber (son professeur) est venu me chercher pour me dire que j'avais gagné ».
Six mois outre-Rhin
Son succès, elle le doit un peu à son frère, plus vieux de trois ans, qui a ouvert la brèche de l'allemand en le choisissant en première langue dès la sixième. Elle a suivi son aîné sur ce chemin, et tout de suite, l'osmose s'est faite avec l'allemand, mais aussi avec le pays : « J'adore l'Allemagne ». Pourquoi ? « Je ne sais pas... j'avais une très bonne prof au collège ». Le collège lui permet aussi de découvrir le pays lors de voyages scolaires en classes de 4 e et de 3 e .
Un souhait : y vivre
L'histoire d'amour est donc déjà bien avancée quand elle découvre qu'elle peut partir six mois outre-Rhin dans le cadre du programme Voltaire. « Dès que j'ai su que ça existait, j'ai dit c'est bon, je pars ». Elle est en seconde. En février 2006, elle rejoint donc Dachau (17 km au nord de Munich) pour terminer sa première année de lycée.
Depuis, elle ne pense qu'à y retourner. Définitivement. En attendant, elle doit passer son bac et, peut-être, intégrer une classe préparatoire au lycée Chateaubriand, à Rennes. La jeune fille a pour l'instant 15,9 de moyenne, dont 20 en allemand, évidemment.
Elle se rendra à Bruxelles, le 9 mars, pour recevoir son prix.
