letelegramme.com

 

Rechercher

Jeu du foulard. Le monde du judo interpellé

18 novembre 2011 - 1 réactions

  • Réduire le texte
  • Réduire le texte
  • Agrandir le texte
  • Agrandir le texte
  • L'article au format PDF
  • Imprimer cet article

Depuis deux ans, un couple de Quimpérois alerte sur les dangers du jeu du foulard. Il exhorte maintenant les instances du judo à proscrire les étranglements, qui pourraient initier les ados aux sensations du jeu du foulard.

Les sites de presse régionale passés au crible sur internet, jusqu'aux journaux suisses, allemands, anglo-saxons examinés à la loupe. Depuis la mort de leur fille Marie, âgée de 15 ans, retrouvée dans sa chambre, étranglée avec sa ceinture de judo, en août2009, Gwen et Maurice Trépos n'en finissent pas de recueillir des informations sur les asphyxies dues au jeu du foulard. Obsession d'un couple assommé par le chagrin indicible d'avoir perdu un enfant? Non, Maurice et Gwen Trépos se battent pour éviter d'autres victimes. Ils espèrent, à force d'exemples mis sous le nez des autorités judiciaires, scolaires, médicales, accroître la vigilance des adultes sur ce phénomène qui emporte chaque année de nombreux adolescents.

«La ceinture de judo revient souvent»

L'Apéas - l'Association de parents d'enfants accidentés par strangulation - a recensé 200décès depuis 2000, dont 22pour la seule année 2010. «Çan'en représente qu'une infime partie. Les conclusions s'orientent très souvent vers le suicide», regrette Maurice Trépos, qui tend des coupures de presse édifiantes: en septembre, à Mulhouse, un garçon de 12 ans étouffé avec sa ceinture de judo. Roubaix, octobre2011, un enfant de 10ans retrouvé pendu avec sa ceinture de judo. Florent, 13 ans, inanimé, sa ceinture de judo autour du cou, à Genève. Ludovic, 13 ans, décédé à Antony après avoir trop serré autour de son cou une ceinture d'arts martiaux, Nicolas, adolescent niçois, étranglé par une ceinture de judo au pied de son lit... La litanie n'en finit pas mais l'évidence ne leur saute aux yeux qu'avec le drame de Mulhouse: «La ceinture de judo revient souvent dans les passages à l'acte».



En octobre dernier, ils écrivent à Jean-Luc Rougé, président de la Fédération française de judo. L'ancien champion est réactif: d'emblée, il leur indique qu'il va solliciter sa fédération afin de sensibiliser tous les encadrants à de telles dérives. Il assure, par ailleurs, qu'il va alerter tous ses collègues présidents de la confédération française des sports de combat de contact. Il ne perd pas de temps et aborde le sujet devant 120 professeurs de judo lors d'un stage national, dans les Vosges. «C'est un homme de coeur», estiment Gwen et MauriceTrépos.

Proscrire les prises d'étranglement

Ils sont moins tendres envers le ministre des Sports, David Douillet, dont l'un des collaborateurs s'est fendu d'une brève réponse désincarnée à leur courrier. «Lui, champion du monde à quatre reprises et deux fois champion olympique, il n'a pas voulu se mouiller», déplore le couple qui, à force de recoupements, a acquis une autre conviction: l'étranglement est une technique de neutralisation répandue dans les arts martiaux. Or, plusieurs athlètes leur ont rapporté que lors de cette prise - dénommée «Shime Waza» -, il peut arriver que se produise une perte de connaissance. Gwen et Maurice Trépos en sont sûrs: «Ces sensations sont celles recherchées par les adeptes du jeu du foulard. Certains jeunes tentent de les reproduire chez eux en ignorant tout des risques». C'est pourquoi ils voudraient parvenir à engager une réforme du judo sur un point essentiel: «Que les prises d'étranglement soient proscrites pour les mineurs et réservées aux adultes, qui ont conscience du danger». Le judo compte aujourd'hui550.000 adhérents, dont 80% ont moins de 18 ans.

  • Thierry Charpentier
  • Exporter cet article
  • Partagez cet article sur Facebook
  • Envoyer cet article sur twitter
Exportez cet article
Activer mon accès abonné S'abonner au Télégramme

1 réaction

  • lelapinou69
    Question de bon sens...
    Je suis pratiquant de judo, et je ne pense pas que qu'il faille aller jusqu'à interdire l'étranglement pour les jeunes, mais plus faire de la prévention, en premier lieu par le maître de judo le club, et ensuite dans les écoles, et toujours à la maison. Si vous interdisez l'étranglement au judo, qui reste tout de même une technique défensive et d'attaque de cette discipline, que fera le jeune compétiteur quand un autre judoka étranger lui fera un étranglement? Encore une fois pour moi la lutte ne va pas dans le bon sens, car je compare cela à interdire à un pilote de conduire sans casque, ou les apprentis cuisiniers à ne pas utiliser de couteaux car cela peut les inciter à se couper. PREVENTION, PREVENTION, PREVENTION.
    Ajouté le 18 novembre 2011 à 11h06

Dans la même rubrique

Abonnements et services

S'abonner au télégramme
Appli iPhone Android Le Télégramme

Forfait mobile et carte sim prépayée Le Télégramme Mobile
Association pour le contrôle et la diffusion des médias

Presse régionale

Mentions légales - CGU - CGV - Contact - N°ISSN 2102-6785

Les sites du groupe Télégramme:

L'actualité en Bretagne avec Le Télégramme | L'actualité des PME avec Le Journal des Entreprises | Les outils pour dirigeants avec NetPME | Emploi avec RegionsJob | Les annonces professionnelles avec OPE, Opportunités pour l'Entreprise | Bateaux d'occasion avec Magnautic.com | L'immobilier en vidéo avec Immo-Ouest.com | Location de vacances avec Bretagne.com | Toute l'actualité maritime avec Mer et Marine | Le Télégramme recrute | Forfait mobile avec Le Télégramme Mobile | Modèles de lettres

Les sites de Pen Duick :

Route du Rhum – La Banque Postale | Transat Jacques Vabre | Transat AG2R LA MONDIALE | Transat Bénodet-Martinique