3 juillet 2010
«Pour une photo d'1Mo, il nous fallait 17 minutes. Maintenant en dix secondes c'est sur l'écran», raconte, avec un large sourire, Loïc Mével, de Saint-Antoine en Plélo.
Pas d'ADSL
«France Telecom n'ayant pas déployé ce qu'il fallait dans le secteur -pas assez rentable, sans doute-, nous ne bénéficions pas de l'ADSL. Le conseil général, qui s'est lancé dans un vaste de plan de couverture du département nous promettait un système Wimax (voie hertzienne) pour couvrir notre zone. Mais le planning était différé. Bref, j'ai pris les choses en mains, avant l'été 2009. J'avais repéré sur internet un exemple d'installation par Wi-Fi (ondes radio) à Saint-Martin-des-Champs. Le système me paraissait bien adapté à notre cas car beaucoup moins coûteux et moins puissant que le Wimax. Ce qui est sans doute meilleur pour l'environnement, en tout cas plus acceptable pour le voisinage. En plus, c'est très souple. On peut toucher des maisons en fond de vallée par un simple boîtier relais sur le toit des voisins. Quoi qu'il en soit, j'ai déposé un courrier dans toutes les boîtes aux lettres du quartier pour demander si ça intéressait quelqu'un. 57familles sur cent étaient partantes. J'ai contacté un technicien - ThierryMercier de BCV à Morlaix - et on s'est jeté à l'eau».
Un château d'eau relais
«On», c'est encore et toujours Loïc. Avec Thierry Mercier, il va arpenter la campagne: «le préalable était d'acheter une ligne professionnelle à France Télécom. Mais encore fallait-il trouver un abonné qui accepte d'être tête de pont et d'accueillir un petit émetteur chez lui. Un habitant de Trémuson a joué le jeu». Les deux hommes vont également repérer, à 8km, un point haut pour recevoir les trois petites antennes réceptrices qui reportent le signal vers le quartier: un château d'eau situé à un kilomètre de Saint-Antoine. Après, il suffisait d'installer un modem sur les antennes de télévision puis de le relier par câble à l'ordinateur pour bénéficier du haut débit «comme tout le monde». Ce qui a été le cas dès septembre.
150EUR l'installation
«Comme tout le monde», Loïc et ses voisins bénéficient donc, désormais, d'un débit de2à2,5Mbits: «C'est le double de ce que l'on a au bourg». Le prix à payer? «150EUR par famille pour l'installation, plus 30EUR d'abonnement mensuel auprès d'un opérateur privé». Le système est très fiable affirme Loïc: «On n'a connu que deux pannes dont une liée à France Télécom et l'autre due à une panne de courant. De toute façon, on est suivi par télémaintenance par l'installateur».
Bien calibrer
Bref, rien d'étonnant à ce que le système intéresse des communes situées en «zones blanches». Les élus de Pont-Melvez, Moustéru et Bulat-Pestivien se déplacent ainsi en éclaireurs, samedi, à Saint-Antoine. Loïc leur conseillera de ne pas lésiner sur les capacités de la ligne téléphonique: «On s'est arrêté à4Mbits. Si on avait eu plus de volontaires dans le quartier, on aurait pû se payer une 8 Mbits, voire plus. Maintenant, c'est trop tard pour les retardataires. Il faut bien calibrer au départ».