21 janvier 2011 - 1 réactions
En 2007, en plein contexte hydrolien au large de Bréhat, un voyage d'études conduit EDF et des professionnels du quartier maritime de Paimpol en Irlande. Le but, se rendre compte sur place des impacts d'un parc éolien sur la faune et de rencontrer des pêcheurs Irlandais, regroupés comme ici en coopératives. Sur place, les Bretons découvrent que leurs collègues pratiquent le «V.Notching», un marquage en forme de V sur la queue des homards femelles. La découverte les interpelle d'autant plus que c'est à la Horaine, sur le cantonnement professionnel des homards et langoustes (créé en 1996), dans l'archipel de Bréhat, qu'est prévu le parc hydrolien. Un partenariat se met donc en place entre les professionnels de la mer, les scientifiques du comité local des pêches et EDF. Au printemps 2009, Laure Robigo, ingénieur halieute, commence un travail de marquage et de suivi. Marqués, capturés, mesurés, les grands crustacés que sont le homard et la langouste n'auront bientôt plus de secrets dans leurs pinces.
1.800 homards marqués
Hier, avec MartialLaurans, chercheur spécialiste des grands crustacés à l'Ifremer de Brest, Laure Robigo a fait un premier point public. Sur les 80navires qui font du crustacé dans le quartier maritime, 21 collaborent au programme de suivi. En 2010, 1.800 homards et 40langoustes ont pu être marqués. Pêchés, ils sont ramenés par les professionnels et les plaisanciers aux scientifiques puis remis à l'eau pour assurer un suivi. En France, ce sont de 400 tonnes à 450 tonnes de homards qui sont pêchés tous les ans. 56% de cette production provient des baies de Granville (Calvados) et de Morlaix (29). La baie de Paimpol est la première zone de France et certainement d'Europe à assurer un tel suivi scientifique. «En 1966, le cantonnement de la Horaine avait été défini par et pour les professionnels mais aucun suivi n'avait jamais été fait», souligne Laure Robigo. «L'idéal serait d'assurer trois pêches embarquées par an pour le faire dans de bonnes conditions. À bord, je note tout, les crustacés mais aussi les rendements des casiers. Aujourd'hui, c'est une étape. J'espère bien pouvoir continuer». Logiquement, le projet hydrolien, qui n'a ni fondation, ni asservissement, ne devrait pas nuire à la qualité et à la quantité de la ressource. Malgré tout, les professionnels se veulent vigilants. Ils jouent le jeu du suivi scientifique, ont bien compris l'intérêt du marquage et veulent continuer à pêcher dans de bonnes conditions. Les homards et langoustes peuvent donc dormir tranquilles.
25 mai 2012