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Habitat. La fin du «devenir propriétaire à tout prix»?

3 juin 2011

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71% des Costarmoricains sont propriétaires de leur logement, majoritairement individuel. Mais selon une étude commune au Pact et à l'Udaf, ce mode de vie a atteint ses limites...

«Devenir propriétaire et transmettre son bien à ses enfants»: la fin de ce modèle est-elle proche? «On a certainement atteint une limite dans ce domaine», estime Philippe Morice, du Pact 22. Cet organisme, voué à l'amélioration de l'habitat, vient de réaliser, avec l'Union départementale des associations familiales, une enquête sur l'habitat des familles dans les Côtes-d'Armor. Un questionnaire a été adressé de manière aléatoire à3.000 foyers comptant au moins un enfant à charge de moins de 25 ans. «On voulait faire un état des lieux de ce que les familles apprécient dans leur logement et des problèmes qu'elles y rencontrent», explique Lionel Le Borgne, président de l'Udaf. 829 réponses, soit 28%, c'est un taux de réponse satisfaisant, estime-t-il. Le sociologue Stéphane Chevrier a été sollicité pour «traduire» les résultats, notamment devant les adhérents des deux associations.

Attachement au berceau familial

«On note le fort attachement des familles à leur logement et surtout, la prédominance de la maison individuelle» (84% des réponses). «Mais avant tout, les gens sont attachés aux relations de proximité avec leur famille. Cela oriente fortement le choix du logement. Il s'ensuit un fort étalement urbain, une installation dans de petites communes de néoruraux qui ont des regards d'urbains». Ce phénomène a des conséquences. Le transfert des charges, notamment. Investissement plus faible pour surface plus importante, d'accord, mais les coûts ultérieurs en transports, en impôts, en énergie ont souvent été mal évalués. «Cela crée des fragilités pour l'avenir de certains ménages».

Regard plus positif sur l'habitat social

«Nos enfants pourront-ils accéder à la propriété comme nous l'avons fait nous-mêmes?», s'interrogent les plus anciens. Car le bien immobilier devient une valeur refuge en vue de financer l'accueil en maison de retraite, plutôt qu'un patrimoine à transmettre à ses héritiers. «Mais le regard des propriétaires sur l'habitat locatif social évolue favorablement, en raison de l'insertion croissante de ce dernier dans des programmes grand public». C'est la mixité en marche. Et, peut-être, avec d'autres formes d'habitat encore à inventer, une alternative à développer?

  • Roselyne Veissid
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