11 janvier 2012
La gendarmerie bretonne dispose de 28chiens, dont un saint-hubert. Une denrée rare dans une maréchaussée qui n'en dénombre que six sur toute la France. Ce qui le rend si particulier? Un odorat unique. Le saint-hubert est capable de retrouver une piste plus de douze heures après un événement, là où les malinois ne dépassent guère les huit heures.
La trace de la veille vite remontée
Démonstration, hier, à Ploemeur où six maîtres de chien (*) morbihannais et finistériens se retrouvaient, comme chaque mois, pour échanger leurs expériences et entraîner leurs «pisteurs». Parmi eux, l'adjudant FrédéricFillocque, de Châteaulin (29), et Duc, beau molosse de trois ans et demi. Son challenge: retrouver un gendarme venu la veille cheminer sur le secteur de Fort Bloqué, entre plage et lotissements. Après avoir reniflé sa chaussette, le saint-hubert n'a pas été bien long à retrouver le fonctionnaire, caché dans un bosquet à un kilomètre à vol d'oiseau de son point de départ. Vingt minutes à peine pour remonter sa trace. Duc a serpenté dans toutes les artères empruntées la veille par sa cible. «Contrairement aux autres chiens, il piste à l'odeur, pas à pas, explique l'adjudant. C'est pour cela qu'il peut intervenir plusieurs heures après une disparition. Il peut remonter jusqu'à cinq ou six kilomètres. Mais il n'est pas infaillible». Il n'est pas rare que ce chien «haut de gamme» soit transporté en hélicoptère en Vendée ou dans la Charente pour exercer ses compétences. En Bretagne, rares sont les jours où les équipes cynophiles ne sont pas sur le pont: stupéfiants, billets de banque, armes, munitions et, surtout, personnes disparues (personnes désorientées, maladie d'Alzheimer, dépressifs...). Une catégorie qui prend, mois après mois, une importance considérable.
Recherches: 70% des interventions
«Nous sommes de plus en plus sollicités, confirme le commandant Pascal Marchand, officier cynotechnicien sur la région Bretagne.Le matin, ce sont les stupéfiants et les perquisitions, l'après-midi et la nuit, les pisteurs. Dernière opération en date, les recherches d'une dame à Quiberon. Des exercices comme celui de Ploemeur sont indispensables pour échanger sur les modes de progression et la technicité qui évolue très vite». Maître de chien à Ploemeur et organisateur de cette journée, Philippe Billaud assure que 70% de ses interventions ont désormais trait à une personne disparue. «En 2011, j'en ai eu entre 80 et 90, sur un total de 120 sorties. Le 26décembre, nous sommes intervenus trois fois avec notre malinois». Hier, c'est pourtant un american staff menaçant et en liberté dans le bourg d'Inzinzac-Lochrist (56) qui l'a forcé à quitter plus tôt l'entraînement.
* Terme propre aux militaires. Dans le civil, ce sont des maîtres-chiens.
25 mai 2012