22 février 2012
Le garage solidaire de Plaintel ne se fera pas. Le projet est abandonné, faute de budget suffisant. «Je ne peux pas entraîner des gens dans cette aventure sans garanties; ce ne serait pas raisonnable», confie Yves Morvan, président de l'association qui gère le garage solidaire de Carhaix (29), à l'origine du projet costarmoricain.
Il manque 30.000 EUR
Malgré une forte opposition des professionnels de l'automobile, via le CNPA, le garage solidaire n'était pourtant qu'à une étincelle de la mise en route. L'association avait recueilli 88.000 EUR pour financer l'investissement et 60.000 EUR de fonds de roulement pour l'année. «Par ailleurs, nous demandions un accompagnement des contrats aidés par le conseil général, soit environ 80.000 EUR, comme cela se pratique dans le Finistère. Mais, dans les Côtes-d'Armor, les règles de calcul sont différentes. Le conseil général, quand il accorde un euro, ne débloque que 50 centimes du Fonds social européen, contre un euro dans le Finistère. Résultat, il nous manque près de 30.000 EUR», affirme Yves Morvan. «On aurait pu, peut-être, se débrouiller la première année avec l'aide de fondations. Mais l'année suivante, cela aurait été trop aléatoire».
Onze emplois à la clef
«Il existe des règles applicables à l'ensemble des chantiers d'insertion auxquelles on ne peut pas déroger», explique Philippe Meslay, vice-président du conseil général en charge des affaires sociales: «Je précise toutefois que, par ailleurs, nous apportions une aide substantielle à l'investissement à la mise en place du chantier. Je regrette que ce garage ne voie pas le jour car on en a besoin». «Ce garage n'est pas seulement un chantier d'insertion, c'est aussi une plate-forme de mobilité», répond Yves Morvan: «À Carhaix, grâce à notre système de location, ce sont 120 personnes qui ont pu avoir ou garder un emploi, pour un coût de quatre centimes au kilomètre, sans parler des 600 voitures réparées par ailleurs. Il faut savoir que dès qu'une personne sort du RSA, c'est 7.000 EUR d'économie par an pour la collectivité. À Plaintel, il y avait onze emplois à la clef».