19 février 2010
Un chef d'entreprise comparaissait devant le tribunal de Saint-Brieuc, hier. Lors de plusieurs inspections, des agents de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avaient relevé, entre février 2005 et juillet 2006, plusieurs anomalies dans les tripes de Caen et merguez fabriquées par son entreprise.
Haut le coeur rétroactif pour les consommateurs
En juillet, surprise, les inspecteurs découvrent que les merguez «pur mouton», contiennent du boeuf, pas de mouton, et surtout du porc. Maître Elghozi, avocat de l'UFC Que Choisir, s'inquiète de la tromperie. «Un certain nombre de nos concitoyens ont des convictions profondes qui leur interdisent de manger du porc». Il évoque les croyants musulmans et juifs qui «en apprenant qu'il y avait du porc dans ces merguez, vont avoir un haut-le-coeur rétroactif».
Absence de contre-expertise
Maître Le Blanc, avocat de l'entrepreneur, insiste sur un point, l'absence de contre-expertise. Selon lui, il y a eu une erreur du parquet «qui devait notifier le résultat des analyses à la personne et lui laisser trois jours pour demander une contre-expertise». Maître Le Blanc combat pied à pied les arguments de la partie civile et ajoute que les analyses ont été faites au-delà de la date de péremption des merguez. L'avocat de l'UFC Que choisir n'est pas convaincu. «J'ai rarement vu que l'écoulement du temps transformer la viande de mouton en viande de porc». Réponse lors du délibéré, le 25 mars.
25 mai 2012 à 15h55