3 juillet 2009
Le 11mai, à 20h16, le centre opérationnel de la gendarmerie reçoit l'appel d'une jeune femme paniquée. Une connaissance de son ami vient de s'introduire dans leur domicile, à Plouha, en défonçant la porte vitrée. Il s'en prend à son compagnon. Prostrée dans une chambre à l'étage, elle ne perçoit que des éclats de voix. La suite, c'est son ami qui la raconte. «Je lui ai dit: tu ne pouvais pas frapper au lieu de défoncer la porte? Il voulait des sous. Je lui ai donné 71EUR, il en voulait plus», explique la victime. Sous la contrainte, il accompagne son agresseur jusqu'à un distributeur et lui remet 300EUR. Cette version des faits avait été farouchement contestée par le prévenu lors de l'audience du 25juin. «Quand je suis arrivé, la porte était déjà cassée, il était hystérique. Je voulais lui proposer du travail, je ne vois pas pourquoi j'aurais cassé sa porte!» Condamné en septembre dernier pour violation de domicile et extorsion de fonds, le prévenu était en récidive. Il devait, en outre, répondre de menaces - reconnues celles-ci - proférées à l'encontre d'un adjudant de la gendarmerie de Lanvollon lors de sa garde à vue.
Interdit de séjour à Plouha
Le procureur avait requis trois ans ferme ainsi qu'une interdiction de séjour dans les cantons de Paimpol et Lanvollon. Les victimes, elles, ne demandaient rien, si ce n'est l'euro symbolique, et, surtout, «la paix». «Dans ce dossier, il y a de nombreux doutes et vous n'avez pas de témoignages crédibles pour condamner monsieur», avait affirmé Me Fillon, avocat de la défense. Le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc s'était donné une semaine pour trancher. Hier, il a rendu son délibéré. Alexandre Berry est condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis. Il lui est fait interdiction de se présenter à Plouha pour une durée de cinq ans.
Quimper ville. Vols en série. La prison, oui, mais aux petits soins