4 décembre 2010
Christiane Lemasson, maire d'Erquy, explique les raisons de la tenue de ce séminaire marin dans sa commune.
Pourquoi ce séminaire?
Pour informer les élus locaux et tous ceux qui vont être amenés à se prononcer sur des projets qui vont peser lourdement sur l'économie locale. En 2008, l'Europe et l'État nous ont engagés dans une démarche de prolongement de Natura 2000 en mer. Cela se traduira par des mesures de préservation et de limitation de certains usages mais on ne sait toujours pas ce qu'on va y faire. Par ailleurs, aujourd'hui, on nous parle d'un projet de parc naturel marin normano-breton, mais au zonage flou. Quant aux éoliennes offshore, nous aimerions que les collectivités locales aient leur mot à dire. Or, on se rend compte que les élus du secteur sont très peu informés sur ces sujets. Et ce, d'autant plus que les préoccupations de la communauté d'agglomération de Saint-Brieuc sont éloignées de celles du monde de la pêche.
Que demandez-vous?
Plus de place pour les pêcheurs. On souhaiterait qu'ils pilotent la procédure Natura 2000 mer car les comités de pilotage qui fonctionnent très bien pour les Natura2000 terrestres n'ont pas de compétences pour la mer. Or, le comité régional des pêches a fait beaucoup d'études sur le sujet. On aimerait également que les Natura 2000 soient intégrés dans le parc naturel marin. Les collectivités y sont mieux représentées: 50% d'élus pour 50% d'usagers. Essentiel, car si on ne s'implique pas dans ces projets, d'autres décideront à notre place et on risque de se retrouver sous cloche rapidement.
Ou de se voir imposer des éoliennes offshore?
Il ne s'agit pas de repasser la patate chaude aux voisins. Mais nous regrettons que le seul zonage retenu pour que la Bretagne atteigne ses objectifs en matière d'éolien offshore en2015 et2025, soit le nôtre. On se retrouve avec un espace de 190km², essentiel pour la pêche et dont la pointe la plus proche se situe à 9km du Cap d'Erquy, site classé. Il ne s'agit pas de refuser tout d'un bloc ni d'entrer dans la démarche pétitions et manifestations. Mais les pêcheurs avaient proposé un secteur deux fois plus étendu, plus au nord. Pourquoi ne pas en voir tenu compte? Il est possible de trouver un compromis pour que les objectifs soient respectés, sans nuire à l'économie locale. La pêche, dans le secteur, représente 40% du tonnage costarmoricain. À quoi cela servirait-il de produire de l'énergie propre s'il n'y a plus d'entreprises pour s'en servir?
25 mai 2012