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Côtes-d'Armor

Environnement. L'amour vache du migrateur

24 avril 2008

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Des vaches pour sauver des oiseaux. C'est sur cette équation que compte Bretagne Vivante avec l'introduction, un peu mouvementée, de trois bovins nantais sur des prairies en bord de mer, à Tréguennec.Leur arrivée avait été soigneusement préparée. Un hectare avait été clôturé pour accueillir trois bovins un peu particuliers. Des vaches nantaises, élevées dans les monts d'Arrée avant d'être exilées en Pays bigouden. Quand on a tant voyagé, difficile de se borner à un fil, même électrifié. Pas étonnant, alors, que sitôt sorties de leur bétaillère, du côté du hameau de Kermabec, à Tréguennec - dernière escale avant l'Amérique -, les trois bêtes à cornes aient aussitôt choisi la liberté. Et une jolie fugue dans la roselière de bord de mer, au grand dam des scientifiques de Bretagne Vivante, obligés de jouer à Intervilles au bord de l'océan. Mais au-delà de cet épisode un peu vachard, l'arrivée à Tréguennec d'un taureau, d'un boeuf et d'une génisse pleine était très attendue par Bretagne Vivante.

Sauver le phragmite

Car l'association parie sur la remise en pâturage d'une vingtaine d'hectares de terrains du Conservatoire du littoral pour que survive le phragmite aquatique. En résumé, ce passereau se reproduit en Biélorussie avant de prendre du bon temps hivernal au Sénégal. Avec, entre les deux, une halte à Tréguennec, de la mi-mai à la mi-octobre. Or, ce petit insectivore est menacé d'extinction. D'où l'importance de lui garantir un repos salvateur, dans les prairies sauvages et marécageuses de Tréguennec. « Il y avait deux solutions pour garder ces prairies, comme l'explique Bruno Bargain, directeur scientifique de Bretagne Vivante. Soit, on les fauche et on favorise la flore, soit on les met en pâturage et on privilégie la faune, donc le phragmite ». La deuxième solution adoptée, les scientifiques avaient encore le choix entre équins et bovins. « Les vaches ont un avantage sur les chevaux, poursuit Bruno Bargain. Elles sont plus lourdes, donc elles creusent le sol et créent des zones humides, parfaites pour les limicoles, comme les vanneaux ». D'une vache deux coups, « on aide à préserver l'habitat du phragmite, car le pâturage évite la repousse des saules ou des roseaux, tout en donnant un coup de main à d'autres espèces ».

Retour à l'enclos

Les trois vaches, d'une race nantaise rustique qui résiste aux sols humides, ont été mises sous la surveillance d'une agricultrice locale, Marisa Thomas. Qui ne pouvait que constater, avec un sourire un peu crispé, qu'elle aurait sans doute un peu de fil de clôture à retordre avec ces nouveaux pensionnaires un brin cabots. Qui, les randonneurs se rassurent, sont aux dernières nouvelles revenues d'eux-mêmes ruminer dans leur enclos.

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