13 octobre 2009
Août2009. Un enfant, âgé d'environ 19 mois, est admis d'urgence au centre hospitalier de Paimpol pour des troubles de la conscience. Les médecins constatent plusieurs traces sur son corps, des hématomes. L'enfant sera héliporté jusqu'à Rennes. Il a visiblement été victime de maltraitances. Hier, ses parents ont comparu devant le tribunal. Lui, 40 ans, pour des violences sur son fils. Elle, 27 ans, pour non-dénonciation de mauvais traitements. En garde à vue, le père a reconnu avoir «donné des claques à son fils», rappelle la présidente du tribunal. Debout, tête basse, l'homme ne nie pas. À côté de lui, la mère de l'enfant reconnaît avoir assisté à deux reprises à des scènes de violence. Mais n'a rien dit, «de peur que votre compagnon retourne en prison», rapporte la présidente. Le père était sorti d'une détention provisoire, pour une autre affaire, peu de temps avant les faits.
«C'est horrible ce que j'ai fait»
Le tribunal n'est pas convaincu. «Je pense que vous avez assisté à ces scènes plus qu'à deux reprises madame», assène la présidente. La jeune maman balbutie quelques mots. «Je ne me rendais pas compte de la gravité...», lâche-t-elle. L'enfant a-t-il reçu juste quelques claques au visage? Non, selon la présidente du tribunal, qui parle «d'enfant secoué», d'«hématomes au front», etc. «Votre enfant a failli mourir, il faut être clair! Il aurait aussi pu rester handicapé à vie!», ajoute la magistrate. «C'est horrible ce que j'ai fait... J'ai mis la vie de mon fils en danger. J'ai menti...», finit par lâcher le père. En larmes, la maman «regrette de ne pas avoir agi» à l'époque des faits.
«Ne pas statuer avec les tripes»
Le parquet, dans ses réquisitions, frappe fort par la voix du procureur, qui demande 5 ans de prison ferme pour le père et 4 ans pour la mère, allant jusqu'à poser la question du retrait de l'autorité parentale. «Ils aiment leur enfant, leurs enfants (le couple a également une petite fille, âgée de trois ans)!», déclare la défense, qui met en garde: «Attention à ne pas statuer avec les tripes!» Quant au prévenu, il «a mal réagi au fait d'être rejeté par son enfant, car lui-même, enfant, a été rejeté par son père», raconte son avocate. Après délibération, les parents, demeurant à Quemper-Guézéennec, ont été condamnés à de la prison ferme: trois ans pour lui, et 18mois pour elle. En plus du ferme, la mère écope de 18 mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve.
