8 janvier 2009
Avec un pic de 17.100 mégawatts à 9 h hier, l'Ouest a battu un record de consommation électrique. Les délestages ont été évités de peu.
17.100 mégawatts, c'est 500 de plus que le pic de consommation de lundi. Un nouveau record de consommation qui a été établi sans qu'aucun usager n'ait à subir une coupure. Mais il s'en est fallu de peu. « Tous nos groupes disponibles étaient en fonctionnement. On est passé tout juste », observe Didier Beny, le directeur de RTE pour l'Ouest. Un risque de coupures toujours d'actualité qui a conduit RTE à maintenir le niveau d'alerte rouge pour aujourd'hui et demain en Bretagne.
La Rance à la rescousse
Hier matin, les quatre groupes de la centrale thermique de Cordemais, près de Nantes, une des principales sources d'alimentation de la Bretagne, et les cinq turbines à combustion de Brennilis et de Dirinon (440 MW) étaient en marche. Lors de ce pic, la centrale marémotrice de la Rance (240 MW) produisait également. « Heureusement que cette centrale produisait au bon moment sinon la situation aurait été beaucoup plus critique », souligne Didier Beny.
En plus de ces sources, la Bretagne a aussi pu compter sur les centrales nucléaires de Chinon et de Flamanville. Par manque de vent, les éoliennes ont, en revanche, très peu contribué à l'alimentation électrique. Le parc n'était qu'à 10 % de sa capacité.
Le dispositif Ecowatt auquel se sont inscrites plus de 6.500 personnes n'a pas été inutile. Même s'il est trop tôt pour le mesurer avec précision, on ne doute pas à RTE de son efficacité. « 1 à 2 % de baisse de consommation, ça permet de garantir l'alimentation ».
Aujourd'hui, la Bretagne ne produit qu'environ 7 % de l'électricité qu'elle consomme. C'est évidemment très peu. Autant dire que l'alimentation de la Bretagne reste très fragile malgré les investissements réalisés pour compenser le manque de production. « On est sans filet », reconnaît-on à la Drire. Une défaillance sur une ligne aurait eu, mardi soir ou hier matin, de redoutables conséquences. Si tel avait été le cas, des délestages auraient été nécessaires. Ils auraient pu concerner jusqu'à 200.000 foyers.
En attendant la centrale
de Saint-Brieuc
Aujourd'hui, pour RTE, la sécurisation de l'alimentation de la Bretagne passe par la construction, dans les Côtes-d'Armor, d'une centrale à gaz. « Les 200 mégawatts de Saint-Brieuc permettraient de passer 400 mégawatts de plus parce qu'elle est très bien placée », explique Didier Beny. Mais cette centrale ne sera pas opérationnelle avant 2012. « D'ici là, on va vivre dangereusement ». D'autant plus que la consommation de la Bretagne croît plus vite que la moyenne nationale, de 2,2 % en moyenne contre 1,6 %. Une croissance qui est encore plus forte en pointe.
Pratique
Site internet : www.ouest-ecowatt.com