28 mai 2009
Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées hier après-midi, à Saint-Brieuc, devant la préfecture, dans le cadre de la journée nationale unitaire d'action contre la précarité dans les écoles.
Dans les Côtes-d'Armor, au moins 160 AVS, EVS, AE et ASEN (auxiliaires de vie scolaire, emplois de vie scolaire, assistants d'éducation) sur les 264 qui travaillent dans le département sont menacés par le non-renouvellement de leur contrat. C'est pourquoi ces professionnels, ainsi que des enseignants, parents d'élèves et syndicats ont manifesté leur mécontentement, hier après-midi, devant la préfecture de Saint-Brieuc.
«Je me retrouverai au chômage»
Sandrine Teurnier, 36 ans, qui, depuis près de douze ans, enchaîne les contrats précaires dans l'Éducation nationale, se bat pour conserver son emploi. «Après avoir travaillé en emploi jeune comme assistante d'éducation pendant cinq ans dans plusieurs écoles, j'ai été embauchée il y a six ans comme auxiliaire de vie scolaire (AVS). Malheureusement, à la fin de l'année scolaire, mon contrat arrive à son terme. Je me retrouverai donc au chômage, comme d'autres collègues, et je crains que, de ce fait, des enfants soient déscolarisés.»
«Des métiers pas reconnus»
Une situation qui révolte non seulement les EVS et AVS, pour certains dans le même cas qu'elle, mais aussi des parents d'élèves, venus les soutenir. Telle Stéphanie, maman d'un enfant autiste, scolarisé actuellement dans la région de Dinan en classe de première et suivi par des AVS depuis la sixième: «Je trouve injuste que ces métiers ne soient pas reconnus d'autant que les personnes qui les exercent font preuve de beaucoup de professionnalisme».
En soutien aux enfants handicapés
Alors que les EVS, en contrats aidés, sont chargés d'effectuer des tâches plutôt administratives, les AVS, rémunérés pour certains entre 500 EUR et 800 EUR par l'Éducation nationale, s'occupent d'enfants atteints d'un handicap (trisomie, autisme, surdité, cécité, maladie génétique, etc.). «Selon leurs difficultés, nous les aidons à se déplacer, à rester concentrés sur leur travail, à entrer en communication avec les autres, nous leur reformulons les consignes, nous adaptons les supports pédagogiques...», énumèrent les professionnels. Des tâches que ne peut assumer seul l'enseignant.
2.500 signatures recueillies
«Le réemploi de tous dans des conditions normales statutaires, avec de vrais salaires à temps complet», c'est ce que demandent les syndicats qui souhaitaient qu'une délégation soit reçue hier par le directeur de cabinet du préfet. L'entretien n'ayant pas eu lieu, la délégation n'a pu remettre au représentant du préfet les 2.500 signatures recueillies à travers les pétitions diffusées dans le département. Les syndicats envisagent tout de même, dans les dix prochains jours, d'organiser une réunion en direction des EVS, AVS, AE, ASEN, enseignants et parents d'élèves.
Gourin. Lycée Saint-Yves. Les parents invités à s'investir