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Écoles. À Callac, la gendarmerie passe au renseignement...

31 janvier 2009

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«Qui fait grève à l'école? Qui va à la manif? Qui participe à la nuit des écoles?» La gendarmerie qui passe dans les écoles pour poser ce genre de questions, ce n'est pas courant mais cela se fait. Au moins trois exemples, cette semaine, dans le secteur de Callac, où la mobilisation des parents d'élèves est importante, suite à l'annonce des différentes réformes et de la publication de la carte scolaire. Plusieurs établissements étaient notamment mobilisés, hier soir, pour «la nuit des écoles», des réunions où les parents d'élèves invitaient élus et amis des écoles à discuter de la situation.

«Pour le maintien de l'ordre public»

La directrice de l'école de Bulat-Pestivien, par exemple, a reçu la visite des gendarmes pendant les heures de classe, mardi matin. «Quand je les ai vus arriver, j'ai eu peur qu'il se soit passé quelque chose de grave. Machinalement, j'ai répondu à leurs questions», raconte-t-elle. Quand elle a demandé pourquoi on lui posait ces questions, on lui a répondu qu'ils avaient «des instructions pour le maintien de l'ordre public». À Callac, ils venaient juste prendre le pouls, en quelque sorte. Le directeur de l'école primaire confirme que lui aussi a reçu une petite visite, comme sa collègue de l'école maternelle. Pas de questions précises, «ils n'ont pas été jusque-là, mais de toute façon il y a des panneaux tout autour de l'école, il suffit de les lire. On a discuté de savoir si la mobilisation était importante ou pas.» A-t-il déjà vu ça? «Non, jamais, et pourtant je suis à cinq ans de la retraite.» Selon Carole Le Jeune, maire de Callac, ils avaient «des mots d'ordre concernant le déroulement de la nuit des écoles, rien de plus». Mais elle n'avait pas été avertie de leur visite.

Un nouveau slogan

À la permanence du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUipp22), à Saint-Brieuc, on affirme «avoir déjà eu vent de ce genre de pratiques. Le ministère de l'Intérieur s'arroge le droit de savoir s'il y a des grèves ou pas. On proteste à chaque fois, d'autant qu'avec la nouvelle loi, nous sommes obligés de déclarer notre intention ou non de faire grève deux jours ouvrables avant, donc l'administration est au courant». En tout cas, lors de la manifestation de jeudi, à Saint-Brieuc, un parent d'élève de Bulat-Pestivien en a fait un nouveau slogan: «La gendarmerie s'invite à l'école».

  • Catherine Merrer
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