6 décembre 2011 - 1 réactions
La préfecture, la chambre régionale des comptes et le tribunal administratif de Rennes se sont positionnés sur leur conflit. Mais, désormais, Thierry Burlot (Launay-Lantic), Alain Jouan (Les Châtelets) et Jean-Luc Barbo (Penthièvre-Mené) sont sur la même longueur d'onde
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S'unir d'ici 2014
Hier, les présidents des syndicats de traitement des déchets de la zone centrale des Côtes-d'Armor ont annoncé leur volonté de «travailler ensemble». Après s'être déchirés pendant des mois, ils veulent même... s'unir. Une fusion à réaliser d'ici 2014, au sein d'un même syndicat: le Smettral (Syndicat mixte d'études, de tri et de traitement des déchets ménagers sur la zone centrale des Côtes-d'Armor). Pour eux, l'arrivée de Veolia à Ploufragan (pour prendre en charge les poubelles de l'agglomération briochine) n'est plus un sujet de discorde. À les entendre, c'est même devenu une chance. «Vu la taille du projet Veolia (*), nous avons eu peur qu'une concurrence s'instaure entre nos collectivités par l'intermédiaire de sociétés privées», rappelle Thierry Burlot. «Mais nos outils sont complémentaires: le compostage et l'enfouissement à Lantic, l'incinération à Planguenoual et le traitement primaire et les combustibles solides de récupération (CSR) aux Châtelets».
80.000 tonnes traitées hors du département
«La construction d'une unité de CSR aux Châtelets va permettre de valoriser 23.000 tonnes de déchets, aujourd'hui enfouis en Mayenne», annonce Alain Jouan. «Quant aux déchets qui ne pourront pas être transformés en combustible, nous pourrons les envoyer à l'enfouissement à Lantic ou à l'incinération à Planguenoual». Le président du Smictom des Châtelets poursuit: «Actuellement, 80.000 tonnes de déchets sont exportées hors du département, chaque année. À 100EUR la tonne, cela représente 8MEUR qui échappent à l'économie costarmoricaine». «Mutualiser, c'est le sens de l'histoire parce que cela implique moins de camions sur les routes et des coûts moins élevés pour le contribuable», embraye Thierry Burlot.
75 EUR la tonne à Lantic 117 EUR aux Châtelets
Problème, pour parvenir à leurs fins, les trois syndicats vont devoir régler plusieurs problèmes. Pas question, en effet, de se fondre immédiatement dans un seul et même syndicat, alors que les coûts de traitement sont différents d'un site à l'autre (85 EUR la tonne pour le Penthièvre-Mené, 117 EUR la tonne aux Châtelets et 75 EUR la tonne à Lantic). Autre souci, l'aspect juridique. Car c'est avec le Smictom des Châtelets que Veolia a signé un marché. Pas avec les deux autres syndicats. «Et nous, nous ne voulons pas être clients de l'unité de CSR, mais des partenaires», souligne Thierry Burlot.
Dernier obstacle, le jugement du tribunal administratif de Rennes qui a suspendu, à la demande du préfet, le projet Veolia fin octobre. Depuis, le Smictom des Châtelets a fait appel. La cour administrative d'appel de Nantes rendra sa décision début 2012.
* Aux Châtelets, Veolia doit exploiter deux unités de 50.000 tonnes chacune: la première de tri primaire, la seconde de fabrication de tri primaire.
25 mai 2012