27 janvier 2012
«Au moment de la catastrophe, près de 12.000 ONG se sont rendues à Haïti mais seulement trois d'entre elles étaient déclarées au gouvernement». Derrière la déclaration d'Isabelle Nicolas, vice-présidente du conseil général, une réalité: les aides apportées à la population l'ont souvent été dans le plus grand déni de sa propre souveraineté. «Notre but, avec cette coopération, est d'aider les Haïtiens à s'autodéterminer», reprend-elle.
Des véritables besoins
L'idée est née au lendemain du tremblement de terre, lorsque Jean-Claude Fignolé, intellectuel et président de l'Association des maires de la Grand'Anse (département de l'ouest d'Haïti), a appelé les collectivités françaises à la solidarité. De nombreux acteurs bretons ont répondu favorablement mais, plutôt que de simplement verser une somme à une ONG, ils désiraient apporter une aide concrète et «faire un travail précis, centré sur un véritable besoin», assure JoëlLeJeune, président de Lannion-Trégor agglomération. Offrant l'expertise d'assainissement de sa collectivité, il ajoute: «S'il faut simplement bâtir des latrines, nous le ferons».
Enrayer l'exode rural
Avec l'Amaga, il estime avoir trouvé un interlocuteur «sérieux et représentatif d'une collectivité». Pour celle-ci, les besoins sont très divers et vont de la construction, par la Communauté des communes du Kreiz-Breizh, d'un marché alimentaire, à une formation en sécurité maritime offerte par le lycée d'Étel. Au total, dix collectivités sont réunies sous la coordination de Dominique Guilmin qui travaille avec Marie-Eddite Pierre, son homologue haïtienne. Le but final est d'aider le pays à enrayer l'exode rural et à organiser sa décentralisation en offrant aux régions les infrastructures nécessaires à son développement. Une délégation de trois maires de la Grand'Anse est d'ailleurs à Saint-Brieuc depuis le 20janvier, entre autres pour découvrir, auprès du conseil général, comment mieux organiser ses administrations.
23 février 2012
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