14 février 2012
Invité à revoir sa copie sur la carte scolaire, l'inspecteur d'académie Pierre Benaych était attendu de pied ferme, hier matin, par environ 150 manifestants, rassemblés devant les locaux de l'inspection académique des Côtes-d'Armor, à Saint-Brieuc, où était programmé un Comité technique spécial départemental (CTSD).
Équipés de tambours, trompettes et autres instruments à faire du boucan, ces profs, parents et élus, venus des quatre coins du département, avaient bien l'intention de se faire entendre des autorités éducatives. D'ailleurs, alors que ce n'était pas prévu, l'inspection académique a finalement accepté de recevoir une délégation composée d'élus et parents. Ce fut ensuite au tour des syndicats, qui ont pris part au CTSD.
Des écoles sauvent leur classe
Résultat des courses : la mobilisation des manifestants ne semble pas avoir été vaine. De source syndicale, nous avons appris que l'inspection académique devrait apporter les modifications suivantes à sa carte scolaire : ouverture d'une demi-classe supplémentaire à Prat et à Coëtmieux; annulation de la fermeture d'une classe à Meslin, Pleumeur-Bodou (Kerenoc) et Rospez; fermeture d'une demi-classe au lieu d'une classe aux écoles maternelles Balzac et Dolto à Saint-Brieuc; ouvertures d'une classe à Ploufragan Villes Moisan et Ploufragan Louis-Guilloux.
Ces mesures devraient être entérinées, dès ce matin, lors du conseil départemental de l'Éducation Nationale (CDEN), prévu, à partir de 9 h 30, à la préfecture.
Moins de remplaçants
L'inspecteur d'académie semble donc avoir revu sa copie. Ces mesures sont synonymes d'un peu plus de moyens dans les écoles. Du moins pour celles qui ont sauvé leur classe ou en ont gagné une. Mais, sur le fond, le problème reste le même, selon les syndicats. «Les postes créés dans ces écoles, l'inspecteur les récupère dans les postes de remplacement. Au final, ça nous fera six remplaçants en moins sur le département. Les 48 suppressions de postes sont toujours d'actualité», explique Robin Maillot (Unsa).
«Des mesures en trompe-l'oeil»
Côté syndicats, parents, élus et profs, pas question, donc, de baisser pavillon. Un rassemblement est d'ores et déjà prévu ce matin, devant la préfecture, à l'occasion du CDEN. «Certaines écoles vont travailler dans de meilleures conditions, c'est bien. Mais ça se fait sur des postes de remplacement... On ne peut pas se satisfaire de ça», indique Pascal Connan, secrétaire départemental du Snudi-FO. «Ils se sont arrêtés sur six écoles en particulier, c'est bien. Mais ce sont des mesures en trompe-l'oeil. Le problème de fond reste le même: on nous supprime toujours 48 postes», ajoute Robin Maillot.
25 mai 2012 à 15h55