10 février 2012
Cela faisait des semaines que le feu couvait, le conseil municipal de Berrien a fini par imploser. Hier, les cinq élus d'opposition ont annoncé leur démission. Tous invoquent les mêmes raisons: une «ambiance délétère», des «attaques personnelles» et des «réglements de comptes permanents». En fait, l'opposition dénonce surtout un acharnement contre l'un des leurs: DanielCréoff. Maire pendant 31ans, élu au conseil municipal depuis 41 ans, conseiller général et président du Parc d'Armorique, l'ancien communiste, aujourd'hui au PS, est un homme politique qui compte dans les monts d'Arrée et dans le département. L'élu, qui cite plusieurs exemples sur des dossiers polémiques, dont un problème d'indemnités perçues par la secrétaire générale de la mairie, ne digère surtout pas ce qu'il s'est passé lors du dernier conseil municipal. Il dit avoir été insulté par une personne présente dans le public et reproche au maire, Marie-PierreCoant, d'avoir «laissé faire». Contactée hier soir, elle n'a pas souhaité s'exprimer pour le moment.
La secrétaire touchait 2.000 EUR par jour d'élection
Parmi les polémiques qui ont fait imploser le conseil municipal de Berrien, l'une a éclaté au grand jour très récemment et concerne des indemnités perçues par la secrétaire générale de mairie. En2007 et2008, cette dernière a touché 2.112,70 EUR par dimanche d'élection. En deux ans, le cas s'est reproduit à cinq reprises et l'employée de mairie a donc perçu un peu plus de 10.556,35EUR. D'ordinaire, les secrétaires de mairie sont défrayés à hauteur de 200EUR ou 300EUR par dimanche. Lors du dernier conseil municipal, une élue de la majorité a questionné Daniel Créoff sur le sujet puisqu'il était maire à l'époque. Ce dernier a demandé à ce que la question soit évoquée à huis clos pour, selon lui, «protéger la salariée». Ce qui a provoqué la colère de la majorité. Hier, Daniel Créoff a précisé que «si le montant des indemnités est excessif, il n'est pas illégal». Selon lui, la secrétaire a «obtenu la prime maximum qu'elle pouvait avoir» et affirme qu'il n'en a jamais rien su. Il indique, enfin, que, depuis, un accord a été trouvé entre la salariée et l'actuelle municipalité. «Elle a reconnu son erreur et a même accepté de renoncer à une prime de 715 EUR par mois pendant trois ans».