23 octobre 2009
La Fédération du bâtiment est un peu rassurée. Le conseil général des Côtes-d'Armor va accentuer ses investissements pour les collèges.
«De 10MEUR, les travaux dans les collèges - entretien et constructions neuves - vont passer à 16MEUR en 2010, puis à 25MEUR dès 2011»: Philippe Moulec, président de la Fédération française du bâtiment des Côtes-d'Armor (FFB), a accueilli avec satisfaction cet engagement de Claudy Lebreton, président du conseil général.
«Du jamais vu en 28 ans»
Confronté à l'une des plus sérieuses crises depuis 15 ans, le bâtiment commence à accuser le coup. Dans les Côtes-d'Armor, l'éclatement de la «bombe Céléos», il y a un an, a signifié le début de la baisse des carnets de commandes - de neuf à trois mois, voire moins - mais aussi des problèmes de trésorerie qui provoquent aujourd'hui des cessations d'activités dans les petites entreprises. «Le recours à l'intérim a baissé de 20%, soit 4.500 équivalents temps plein en Bretagne. Moins 20% de livraisons de béton et de ciment, également. Je n'ai jamais vu cela depuis 28 ans», commente Jean-François Hervé, directeur de la FFB.
«Baisse dangereuse»
Autre sujet d'inquiétude: «Une baisse de prix inconsidérée de certaines entreprises, en dessous du prix de revient. C'est dangereux pour le professionnel et le client car les chantiers n'iront pas au bout». Pour autant, le pessimisme n'est pas de règle à la FFB. Tout d'abord parce que, démographie oblige, «on doit continuer à former des jeunes. On ne doit pas les rebuter par un message trop alarmiste». Et puis, la FFB cultive un réel espoir de redémarrage à court - «les promoteurs immobiliers n'ayant plus de stocks»- et moyen terme, les bâtiments publics devant répondre aux nouvelles normes de basse consommation.
Des avances SVP!
Le développement durable est porteur d'espoir. Mais il faudra passer le cap difficile du premier semestre 2010: «Il faut que l'on redémarre rapidement. Le bâtiment, c'est comme un train ou un bateau. C'est long à s'arrêter, mais aussi à repartir». Et, pour repartir, la FFB demande aux maîtres d'ouvrage publics, outre des chantiers, d'augmenter les avances forfaitaires de trésorerie, de5à 10 ou 15%. Non sans admettre que si la suppression de la taxe professionnelle va apporter une bouffée d'oxygène aux entreprises, elle risque aussi de diminuer les recettes des collectivités locales, leurs donneurs d'ordre. «Question d'équilibre», souligne Philippe Moulec.
